Lors de tests en laboratoire, une conception fondée sur Signal chiffre les documents partagés de bout en bout
Un document partagé peut sembler privé tout en restant lisible par l’entreprise qui l’héberge. Des chercheurs de l’Institut Max Planck pour la sécurité et la confidentialité, de l’EPFL et du Cluster d’excellence CASA ont testé une autre conception : un document en ligne dont le contenu reste chiffré de bout en bout pendant toute la collaboration, y compris lorsque les utilisateurs le modifient ensemble.
L’idée centrale consiste à utiliser le protocole cryptographique Signal comme canal de diffusion chiffré et asynchrone — un système permettant de distribuer des modifications de manière sécurisée sans qu’un serveur central ait besoin de lire le document. Lorsqu’une personne crée un fichier, la conception crée un groupe Signal. Les autres collaborateurs le rejoignent, et les modifications transitent par ce groupe avant d’être appliquées aux copies locales du document.
Cette approche s’attaque à la partie la plus difficile de l’édition partagée : maintenir la cohérence de la version de chacun tout en permettant aux utilisateurs de travailler au même moment ou à des moments différents. Le modèle comprend également des autorisations fondées sur les rôles, de sorte qu’un collaborateur puisse être autorisé à lire, commenter ou modifier le document. Les outils existants axés sur la sécurité, comme CryptPad, chiffrent les communications, affirment les chercheurs, mais n’offrent pas de garanties de sécurité totalement transparentes.
Les expériences ont produit un délai de réponse d’environ 120 millisecondes et montré que le système pouvait passer à l’échelle dans les scénarios testés. C’est là toute la promesse pratique : renforcer la confidentialité sans renoncer au fonctionnement de base attendu d’un document collaboratif. Le résultat reste toutefois une conception de recherche.
Qu’est-ce qui change, concrètement ? Un futur service de documents pourrait permettre à un fournisseur d’héberger la synchronisation sans détenir les clés nécessaires pour lire le fichier. Cela étendrait le modèle de confidentialité déjà familier de la messagerie chiffrée aux notes partagées et aux documents professionnels. Ces résultats jettent les bases de systèmes associant des exigences élevées en matière de sécurité à une utilisation pratique.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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