Le Japon met en service un ordinateur quantique à 50 qubits
Le 24 août, une nouvelle machine a commencé à fonctionner à l’Institut des sciences moléculaires du Japon. Baptisée Shunkai, elle est le premier ordinateur quantique à atomes neutres opérationnel et couvrant toute la pile du pays. Elle démarre avec environ 50 qubits et pourrait atteindre environ 500. L’équipe de recherche est dirigée par Kenji Ohmori, chimiste et professeur à l’IMS.
La puce de traitement quantique de la machine, ou QPU, a été fournie par Infleqtion, une entreprise de technologies quantiques basée dans le Colorado. Son approche utilise des atomes individuels comme qubits, en les piégeant et en les manipulant avec une lumière laser contrôlée avec précision. Les atomes peuvent être disposés en réseaux, tandis que leurs connexions et leur disposition peuvent être ajustées pour différents algorithmes. Contrairement à certains systèmes quantiques, les ordinateurs à atomes neutres peuvent fonctionner à température ambiante, sans grands systèmes de réfrigération.
Cette architecture est prometteuse, car elle pourrait permettre aux ingénieurs de construire des réseaux plus grands tout en conservant un contrôle précis des états quantiques des atomes. Mais la taille ne constitue qu’une partie du problème. Les systèmes quantiques sont sensibles à leur environnement, et les erreurs peuvent donc s’accumuler pendant les calculs. Les chercheurs doivent encore mettre au point des méthodes de détection et de correction des erreurs avant que Shunkai puisse devenir tolérant aux pannes.
La prochaine phase du projet Ohmori Moonshot a commencé en avril 2026 et vise à améliorer l’intégration, la stabilité et la capacité de mise à l’échelle, avec pour objectif ultime d’atteindre jusqu’à 10 000 qubits physiques. L’Agence japonaise pour la science et la technologie a choisi Infleqtion comme seul partenaire quantique étranger du programme Quantum Moonshot. Ce programme vise à développer des ordinateurs quantiques universels tolérants aux pannes d’ici 2050.
Et concrètement ? Shunkai fournit aux chercheurs une plateforme opérationnelle, plutôt qu’un simple composant de laboratoire. L’équipe prévoit à terme de l’ouvrir à des universités et entreprises externes, afin qu’elles puissent travailler sur la correction des erreurs quantiques et les applications. Une connexion prévue au supercalculateur partagé de l’IMS créerait par ailleurs un centre de calcul hybride associant informatique quantique et unité de traitement graphique (GPU). Le système fonctionne dès maintenant ; l’élargissement de l’accès et la tolérance aux pannes restent des étapes prévues.
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