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Simulations du chrome : une méthode plus rapide et plus précise

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Photo d’illustration : Dutch national supercomputer "Huygens" - 8183833489
Photo d’illustration : Dennis van Zuijlekom · CC BY-SA 2.0 · Wikimedia Commons

Un atome de chrome est petit, et ses électrons sont si serrés dans des orbitales compactes qu'ils se comportent, selon les mots de Kay Carter-Fenk, comme des habitants de « petits appartements ». Pour les chimistes qui tentent de prévoir comment ces atomes se lient au sein d'une molécule, cet entassement pose depuis longtemps problème. Le chrome est un ingrédient essentiel de l'acier inoxydable, et il figure aussi parmi les métaux que les méthodes de simulation standard gèrent le plus mal.

Deux familles de méthodes font l'essentiel du travail. La théorie des clusters couplés, ou CC, part du principe que chaque électron évolue dans le champ moyen de tous les autres, puis rajoute pas à pas l'énergie des paires d'électrons en interaction, puis celle des groupes de trois. Pour de nombreuses molécules, c'est la « référence absolue » de la chimie quantique, mais son coût de calcul augmente très fortement avec la taille des molécules. La théorie de la fonctionnelle de la densité, ou DFT, part d'une image plus simple de la densité électronique globale et coûte beaucoup moins cher, mais elle repose sur des approximations et des paramètres qui ne sont pas totalement établis, si bien que ses résultats peuvent être erronés. Les deux méthodes donnent de mauvais résultats avec les métaux de transition abondants comme le fer, le cobalt ou le chrome.

John Keith et Barbaro Zulueta cherchaient à modéliser le chrome afin de mettre au point de meilleurs aciers inoxydables pour la marine américaine. En parcourant la littérature, ils ont constaté que la DFT était parfois, mais pas toujours, un meilleur point de départ que celui habituellement utilisé avec la CC pour ces métaux. D'autres chercheurs l'avaient signalé sans explication claire. Le groupe de Carter-Fenk, qui travaille sur les électrons fortement corrélés, a suggéré que la cause tenait aux mathématiques sous-jacentes plutôt qu'aux orbitales elles-mêmes. L'équipe a alors construit un outil de diagnostic qui mesure l'écart entre les deux densités de départ et le traduit en un seul nombre. « L'amplitude de ce nombre peut indiquer si le point de départ de la DFT est utile ou non », a déclaré le premier auteur, Abdulrahman Zamani.

Avec cette règle en main, les chercheurs ont constaté que la CC pouvait atteindre la précision chimique pour de nombreuses combinaisons d'atomes difficiles, avec des résultats proches de ceux obtenus après des semaines ou des mois de calcul sur supercalculateur, mais en quelques minutes à quelques heures. Le titre de l'article, « Améliorer la théorie des clusters couplés pour les molécules fortement corrélées grâce à l'encodage de la densité de Kohn-Sham », décrit la méthode ; le communiqué ne mentionne pas de tests sur un ensemble plus large de molécules que celles de l'étude.

Pour l'instant, le bénéficiaire le plus direct est la communauté de l'apprentissage automatique. Les modèles qui prédisent le comportement moléculaire sont généralement entraînés sur des données de DFT, et l'équipe estime que ces données sont les moins fiables précisément lorsque le chrome est en jeu. Un calcul de référence plus précis fournit à ces modèles une meilleure matière à apprendre. Le gain à plus long terme, selon Keith, est une voie vers des métaux comme l'acier inoxydable ainsi que les lanthanides et actinides lourds. Ces applications, et les nouveaux matériaux ou catalyseurs qu'elles pourraient permettre de concevoir, restent des objectifs : l'étude est un résultat de calcul, et aucun nouvel alliage ni aucun nouveau catalyseur n'en est issu.

minutes to hoursDurée pour atteindre une précision proche de la référence avec la nouvelle approche CC, contre des semaines ou des mois de calcul sur supercalculateur

Sources — lire les originaux(heure de Paris)

Phys.org — ChimieEN
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