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Un atome de carbone relie des molécules plates en structures 3D

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Photo d’illustration : Equipment and glassware
Photo d’illustration : Belikov Maxim · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons

Plat, c’est très bien pour une feuille de papier. Pour beaucoup de molécules utiles, c’est un problème. Dans une étude publiée dans Nature, des chercheurs de l’université d’Osaka montrent qu’un seul atome de carbone peut apporter du relief, en reliant deux molécules plates en une structure tridimensionnelle en une seule étape.

Les molécules obtenues sont appelées spirocycles : deux cycles y partagent un seul atome de carbone. Les deux moitiés se trouvent à angle droit, comme deux cartes à jouer glissées dans une croix, ce qui rend ces architectures rigides et stables. C’est cette stabilité qui les rend intéressantes pour les cellules solaires et d’autres matériaux électroniques. La difficulté vient de l’atome de carbone central, qui doit former quatre liaisons distinctes en un même point. Un atome de carbone libre est extrêmement instable, et les substituts utilisés jusqu’ici ne pouvaient relier les molécules que par leurs doubles liaisons.

L’équipe d’Osaka, dirigée par Hayato Fujimoto, a choisi de travailler avec des liaisons carbone-carbone simples. Un catalyseur au rhodium coupe ces liaisons dans des molécules plates appelées biphénylènes, tandis que le PINC, un réactif stable qui agit comme un atome de carbone « conditionné », apporte un atome de carbone dans l’espace ainsi libéré. Le résultat : quatre nouvelles liaisons carbone-carbone autour d’un seul atome de carbone central. Pour vérifier l’origine de cet atome, les chercheurs ont marqué le PINC avec une forme de carbone traçable, et le marquage s’est retrouvé exclusivement au centre de la nouvelle molécule. La réaction a aussi fonctionné à l’échelle du gramme sur un montage de paillasse standard.

Pour un chimiste, la caractéristique la plus utile tient peut-être au contrôle. Selon l’auteur principal, Mamoru Tobisu, le réglage de la température détermine si la méthode associe deux molécules identiques ou deux molécules différentes, ce qui ouvre l’accès à des structures 3D difficiles à fabriquer autrement. L’équipe indique aussi que la méthode tolère divers groupes chimiques et peut associer un biphénylène à une double liaison carbone-carbone.

Ce qui change, c’est le point de départ. Les chimistes qui conçoivent de nouvelles molécules fonctionnelles peuvent partir de briques plates et simples pour obtenir, en une seule étape, des architectures 3D complexes, avec des applications allant des matériaux électroniques aux cellules solaires. L’étude reste un résultat de laboratoire, et les auteurs décrivent une approche, pas un produit. Aucun calendrier n’est donné pour une utilisation industrielle, et l’étude ne rapporte pas de quantités produites au-delà de l’échelle du gramme.

4nouvelles liaisons carbone-carbone formées autour d’un seul atome de carbone central

Sources — lire les originaux(heure de Paris)

Phys.org — ChimieEN
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