Un prototype d’hydrogel à base de cellulose permet aux capteurs portables de fonctionner à -13°F
Le bout d’un doigt appuie. Un doigt se plie. Même après 168 heures à -13°F, un nouvel hydrogel à base de cellulose transforme toujours ces mouvements en signaux électriques reproductibles. Les chercheurs ont développé ce matériau flexible pour des capteurs portables appelés à fonctionner dans des conditions de gel.
Le point de départ est la cellulose issue de pâte de coton, un matériau renouvelable et abondant. L’équipe l’a dissoute à l’aide de chlorure de zinc et de bromure de lithium, un mélange de sels qui désagrège la structure très compacte de la cellulose tout en protégeant ses chaînes moléculaires. Le résultat est un hydrogel transparent qui conduit les signaux ioniques sans recourir à des polymères conducteurs conventionnels.
Les performances du matériau par temps froid s’accompagnent d’une résistance et d’une conductivité mesurables : 4,48 S/m de conductivité ionique et une contrainte de compression allant jusqu’à 2,48 MPa. Des tests menés entre -112°F et 68°F n’ont révélé aucune signature thermique liée à la cristallisation de l’eau, ce qui laisse penser que la formulation inhibe la formation de glace au lieu de laisser le gel geler et se rigidifier.
L’impression ajoute un autre aspect pratique. L’hydrogel devient fluide sous pression, puis conserve sa forme, ce qui a permis aux chercheurs d’imprimer des structures comme des étoiles à cinq branches et des feuilles d’érable. Grâce à un revêtement de polydopamine destiné à améliorer sa compatibilité avec la peau, des capteurs ont été fixés sur les doigts, les poignets, les coudes et la gorge. Les capteurs réagissaient en environ 100 millisecondes, retrouvaient leur état initial en quelque 300 millisecondes et restaient stables après 500 cycles de compression à 30 % de déformation.
Qu’est-ce que cela change, concrètement ? Les capteurs portables pourraient devenir plus utilisables en extérieur, dans des environnements réfrigérés et dans des interfaces homme-machine où les flexions répétées et les basses températures se conjuguent. Lors d’une démonstration avec un gant de données, les capteurs ont détecté les mouvements de la main et les ont traduits en mouvements correspondants d’un modèle robotisé en temps réel. Il s’agit d’un prototype fonctionnel, pas d’un produit commercial : les chercheurs indiquent que des tests supplémentaires sont nécessaires avant tout déploiement.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
À lire ensuite
- L’e-skin de WSU détecte pression et température sur prothèses
- Un capteur proche infrarouge flexible multiplie sa réponse par 5,1
- Un capteur robotique utilise des champs électriques pour potentiellement identifier des objets sans les toucher
- Des prototypes ECL flexibles atteignent 1 552 candelas par mètre carré
Commentaires
Chargement du fil…
Connectez-vous pour écrire un commentaire. Se connecter