Le pilote de Vycarb intègre 99 % de CO2 peu concentré dans l’eau
Dans le chantier naval de Brooklyn, des réservoirs et des capteurs transforment un flux de déchets industriels difficile à traiter en une substance pouvant être retenue dans l’eau. Vycarb, une startup fondée en 2022 par son PDG et fondateur, Dr. Garrett Boudinot, mène un petit projet pilote dont les rejets sont envoyés dans l’East River. L’entreprise affirme que le système a intégré 99 % du gaz CO2 alors même que celui-ci ne contenait que 50 % de CO2.
Le mécanisme vise à éviter l’une des étapes les plus coûteuses du captage et stockage du carbone (CCS) conventionnel : purifier le CO2 avant de pouvoir le stocker. Vycarb utilise des minéraux alcalins bon marché et des capteurs en temps réel pour dissoudre le gaz dans l’eau et en convertir 85 % en bicarbonate, HCO3-, une forme soluble qui, selon l’entreprise, reste stable après son rejet. Le stockage géologique implique en revanche souvent de comprimer et de transporter du CO2 purifié vers des formations souterraines adaptées.
Le résultat est prometteur, mais il ne s’agit pas encore d’un système commercial. Les prochains essais de Vycarb sur le terrain visent à valider une intégration de 99 % du CO2 avec une pureté de 10 %, tandis que la startup n’a testé en laboratoire que des gaz dont la pureté descendait jusqu’à 1,5 %. Le pilote actuel utilise du CO2 fourni, et Vycarb travaille à obtenir une validation indépendante. Ces étapes sont importantes, car les principales mesures actuellement disponibles proviennent des propres tests de l’entreprise.
La chimie de l’eau apporte un autre avantage potentiel — et une nouvelle exigence en matière de tests. Vycarb fait état d’un pH en sortie d’environ 7,5, légèrement plus basique que celui de l’eau environnante, sans concentrations minérales suffisamment élevées pour provoquer une précipitation ou nuire à la faune. Cette chimie a été étudiée pour une utilisation potentielle favorisant la formation de coquilles dans les élevages d’huîtres, même si les interactions avec les autres gaz issus des émissions industrielles sont encore à l’étude.
Alors, qu’est-ce qui changerait en pratique ? Si le résultat du pilote résiste aux vérifications indépendantes et aux essais sur le terrain de plus grande ampleur, les émetteurs pourraient potentiellement envoyer leurs gaz d’échappement dans un processus de stockage sans payer d’abord une étape distincte de purification. Cela pourrait élargir le nombre d’installations susceptibles d’envisager le CCS, notamment dans les zones côtières. Le modèle économique n’est pas garanti, mais les États-Unis proposent notamment un crédit d’impôt 45Q de 85 dollars par tonne métrique pour le CO2 capté et stocké, ainsi que des crédits volontaires pouvant atteindre environ 300 $/ton. Vycarb en est encore au stade du pilote, pas de la production.
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