Des microgels iodés réduisent de 70 % les chéloïdes chez la souris
Une cicatrice petite et irrégulière peut être difficile à traiter sans toucher à la peau saine qui l’entoure. À l’Université nationale de Pusan, des chercheurs dirigés par Seung Yun Yang ont testé un système injectable qui place les rayonnements directement dans le tissu chéloïde : la taille des chéloïdes a diminué d’environ 70 % après deux semaines chez des souris porteuses de tissus issus de patients.
Le matériau est un microgel lyophilisé fabriqué à partir d’acide hyaluronique, ou HA, une substance biodégradable. Grâce à la microfluidique, l’équipe a produit des particules uniformes et poreuses qui absorbent rapidement une solution d’iode 131 radioactif. Une fois injectées dans la chéloïde, les particules constituent une forme de microcuriethérapie — une irradiation locale délivrée depuis l’intérieur du tissu — plutôt que de reposer sur un faisceau externe dirigé vers une surface irrégulière.
La préparation a été rapide. Les microgels ont atteint une efficacité de marquage supérieure à 90 % en moins de 10 minutes, selon Yang. Après l’injection, ils sont restés localisés dans le tissu chéloïde pendant jusqu’à 14 jours. Lors d’essais en laboratoire sur des fibroblastes chéloïdiens issus de patients, des doses d’au moins 10 MBq — des mégabecquerels, une unité de radioactivité — ont provoqué la mort de plus de 80 % des cellules en 48 heures, principalement par apoptose, une forme de mort cellulaire programmée.
Et concrètement ? Si cette approche passe avec succès les étapes de test suivantes, les cliniciens pourraient disposer d’un moyen mini-invasif d’exposer une petite chéloïde aux rayonnements tout en limitant leur diffusion au-delà de la lésion. Les chercheurs indiquent également que le radiomarquage sur place pourrait réduire les déchets radioactifs et les contraintes logistiques, tout en permettant d’adapter le traitement à chaque lésion. Ces travaux pourraient éventuellement s’étendre à d’autres tumeurs localisées, mais cette application n’a pas été établie.
Pour l’instant, les données s’arrêtent avant le traitement chez l’humain. L’étude n’a relevé aucune anomalie significative de la fonction thyroïdienne, des paramètres sanguins ou des principaux organes chez les souris, et aucune biodistribution hors cible ni lésion des tissus sains voisins n’a été détectée. Des études à plus long terme doivent encore examiner les récidives, les réactions immunitaires, la répartition des doses et la sécurité clinique ; les résultats ont été publiés dans le Journal of Controlled Release.
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