Une thérapie orale fait survivre 42 % des souris irradiées 30 jours
L’expérience a commencé par l’exposition de souris à une dose létale de radiations au corps entier. Une heure plus tard, les chercheurs leur ont administré une dose orale unique de XOlacta. 42 % ont survécu à la période d’étude de 30 jours, tandis que les souris non traitées n’ont pas survécu ; le traitement est également resté efficace lorsqu’il a été retardé de 24 heures. Ce résultat est issu de travaux menés par des chercheurs du Fralin Biomedical Research Institute at VTC, sous la direction de l’auteur principal Robert Gourdie et du premier auteur Spencer Marsh.
XOlacta est conçu pour résoudre un problème pratique d’administration. Le traitement encapsule alpha-CT11, un peptide thérapeutique, dans des vésicules extracellulaires dérivées du lait — de minuscules particules naturellement utilisées par les cellules pour transporter des molécules biologiques. Les vésicules protègent le peptide lors de son passage dans le système digestif, ce qui rend possible une dose orale. L’imagerie a montré qu’elles s’accumulaient préférentiellement dans les zones endommagées par les radiations, notamment le cerveau, l’intestin et la moelle osseuse, tandis que le traitement réduisait les lésions de l’intestin grêle et de la moelle osseuse.
Le test crucial consistait à déterminer si la protection des tissus sains protégerait également une tumeur. Dans un modèle murin de gliome, un cancer cérébral, XOlacta a préservé la capacité des radiations à freiner la croissance tumorale. Ce point est important, car la radiothérapie est utilisée pour traiter environ la moitié des patients atteints de cancer, et les dommages causés aux tissus sains peuvent limiter la dose que les médecins peuvent administrer en toute sécurité. En dehors des hôpitaux, une exposition grave aux radiations du corps entier ne dispose par ailleurs d’aucune contre-mesure médicale approuvée par la FDA.
Qu’est-ce qui change concrètement ? Si de futures études confirment les résultats obtenus chez la souris, une thérapie orale stable à température ambiante pendant un an ou plus pourrait être stockée dans les hôpitaux, les domiciles et les réserves d’urgence, puis administrée sans équipement spécialisé. Dans le traitement du cancer, la même approche pourrait potentiellement réduire les lésions liées aux radiations sans affaiblir le traitement de la tumeur. La limite est claire : ces travaux restent précliniques. Lovelace Biomedical a reproduit indépendamment les résultats obtenus chez la souris, mais d’autres études de sécurité et sur de grands animaux sont actuellement menées avant toute utilisation chez l’humain.
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