Un cocktail d’ARNm élimine les tumeurs chez environ la moitié des souris
Dans le laboratoire de Ruscetti, une seule injection a donné simultanément deux missions au système immunitaire des souris : pénétrer dans une tumeur pancréatique et apprendre ce qu’il devait attaquer. Environ 50 % des souris traitées ont présenté une réponse tumorale complète et sont restées exemptes de maladie jusqu’à un an après l’arrêt du traitement, selon les travaux de Marcus Ruscetti et Chaitanya Naimesh Parikh à la UMass Chan Medical School.
La cible est l’adénocarcinome canalaire pancréatique, la forme la plus courante et la plus agressive du cancer du pancréas. Il est souvent détecté après s’être propagé : le taux de survie à cinq ans pour la maladie de stade IV est de 3 %, tandis que le taux de survie global, tous stades confondus, est de 13 %. De précédentes tentatives d’immunothérapie utilisant des cytokines — de petites protéines qui recrutent et activent les cellules immunitaires — pouvaient déclencher des réactions systémiques dangereuses sans éliminer la plupart des tumeurs.
Le nouveau cocktail combine cinq ARNm de cytokines et trois ARNm d’antigènes associés aux tumeurs. L’ARN messager est une copie temporaire d’instructions génétiques que les cellules utilisent pour fabriquer des protéines. Ici, les séquences de cytokines fournissent des signaux immunitaires, tandis que les séquences d’antigènes aident le système immunitaire à reconnaître les cellules cancéreuses pancréatiques comme étrangères. Dans les modèles murins, le traitement a réduit le tissu fibrotique autour des tumeurs et augmenté la nécrose des cellules tumorales.
La durabilité des réponses pourrait indiquer que les souris ont développé une mémoire immunitaire contre le cancer, même si cette interprétation repose encore sur des expériences animales. L’étude a été publiée dans Nature Communications, et les chercheurs mettent au point un potentiel produit prêt pour une demande d’IND — un traitement préparé en vue du dépôt réglementaire nécessaire avant les essais cliniques.
Pour les patients, le changement concret n’est pas l’arrivée d’un nouveau traitement disponible aujourd’hui. Il s’agit d’un candidat qui a franchi une première étape biologique chez la souris : environ la moitié des animaux traités sont restés exempts de maladie pendant un an après la fin de l’administration. La prochaine étape consistera à déterminer si la même combinaison peut être rendue sûre et efficace chez l’humain ; les chercheurs se préparent à de futurs essais cliniques, mais aucun résultat chez l’humain n’est rapporté.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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