Chez la souris, l’immunothérapie élimine plus de cellules résiduelles du mélanome
La tumeur avait régressé, mais le danger persistait. Chez des souris porteuses de cellules de mélanome greffées, des chercheurs de Cornell ont utilisé des médicaments anticancéreux ciblés, puis se sont attaqués aux cellules résistantes restées après l’arrêt de l’efficacité du traitement. Leur expérience a éliminé beaucoup plus de cellules résiduelles du mélanome, sans toutefois guérir complètement les animaux.
La clé était le moment de l’intervention. Les thérapies ciblées bloquent les protéines mutées responsables du cancer et réduisent initialement les tumeurs ; elles amènent aussi les cellules cancéreuses mortes à alerter le système immunitaire. Les macrophages recrutent alors les lymphocytes T et les cellules tueuses naturelles, des cellules immunitaires capables de détruire les cellules cancéreuses. Cependant, une fois la résistance apparue, les macrophages cessent de libérer les protéines qui attirent ces cellules.
L’équipe de Cornell a utilisé un composé développé à l’université Purdue pour réactiver les macrophages. Dans l’expérience menée sur les souris, il les a incités à continuer de sécréter les protéines de recrutement, aidant ainsi les cellules immunitaires à atteindre et à tuer davantage de cellules résistantes du mélanome. Le composé lui-même est considéré comme un outil de recherche, et non comme un traitement viable.
Cette distinction est importante. Selon Andrew C. White, l’auteur principal de l’étude, les premières tentatives visant à associer simultanément thérapies ciblées et immunothérapies n’étaient pas plus efficaces que l’un ou l’autre traitement seul et provoquaient une forte toxicité. Les chercheurs de Cornell avancent plutôt que ces thérapies pourraient être plus efficaces selon une séquence précise, à mesure que la tumeur et son environnement évoluent.
Alors, qu’est-ce qui change en pratique ? Pas encore le traitement des patients. Le résultat immédiat ouvre une voie vers un médicament qui pourrait être administré lorsque le mélanome devient résistant à une thérapie ciblée, afin d’éliminer les cellules résiduelles avant qu’elles n’entraînent une nouvelle progression de la maladie. Les données proviennent pour l’instant de souris, et le composé doit encore être transformé en traitement fonctionnel.
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