Des cafards cyborgs plongent jusqu’à trois heures grâce à l’impression 3D
Un cafard avance sous l’eau, guidé à distance, avec une enveloppe souple autour de l’abdomen et un réservoir d’oxygène sur le dos. Des chercheurs de la Nanyang Technological University et de l’université Waseda ont conçu cette combinaison par impression 3D pour transformer des blattes siffleuses de Madagascar en auxiliaires amphibies. Équipés, les insectes sont restés actifs jusqu’à trois heures sous l’eau ; sans elle, leur autonomie ne dépassait pas 2 min.
Le problème se trouvait dans leur respiration. Les cafards utilisent des stigmates, de petits orifices placés sur les flancs. Immergés, ces passages ne reçoivent plus d’air. La combinaison contourne l’obstacle : une éponge imprégnée de dioxyde de manganèse réagit avec du peroxyde d’hydrogène pour produire de l’oxygène, ensuite conduit par de fins tubes en silicone jusqu’aux orifices respiratoires.
Chaque élément est ajusté au corps de l’insecte. Le réservoir est imprimé dans une résine transparente de type PMMA, tandis que l’enveloppe utilise une résine souple qui accompagne les mouvements. Les raccords sont eux aussi fabriqués sur mesure, car les deux paires de stigmates n’ont pas la même forme. L’impression 3D permet ainsi de réunir trois contraintes difficiles à concilier : légèreté, étanchéité et liberté de mouvement.
Le choix du cafard repose sur ses aptitudes naturelles. Il peut se faufiler dans des interstices de quelques millimètres, franchir des débris irréguliers et se remettre rapidement sur pattes après une chute. Les insectes cyborgs de l’équipe de Hirotaka Sato ont déjà été déployés dans des opérations de recherche et de sauvetage, notamment lors de l’opération Lionheart, après le séisme de magnitude 7,7 qui a frappé la Birmanie en mars 2025. L’équipe vise désormais l’inspection d’infrastructures.
Et alors, concrètement ? Cette technologie pourrait envoyer un engin léger dans des espaces inondés, étroits ou pauvres en oxygène, là où un humain et un robot conventionnel atteignent leurs limites. Elle n’est pas encore un outil de sauvetage courant : la combinaison sous-marine est issue d’une étude, et ses performances doivent encore être éprouvées en conditions réelles. Les chercheurs estiment aussi qu’une adaptation pourrait convenir aux criquets et aux coléoptères, qui respirent par un système de stigmates comparable.
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