Des capteurs portables concordent étroitement avec les cathéters artériels lors de premiers tests en réanimation
Un cathéter artériel est placé dans une artère et suit chaque hausse et chaque baisse de la pression artérielle d’un patient gravement malade. À l’hôpital Johns Hopkins, des chercheurs testent une alternative moins invasive : deux capteurs portables et un modèle d’IA ont produit des courbes continues de pression artérielle chez 28 patients en réanimation, avec une forte concordance avec les mesures du cathéter.
Le système, appelé MOSAIC, utilise un capteur placé sur le thorax et un autre sur un doigt. Ensemble, ils enregistrent l’activité électrique du cœur et le flux sanguin dans l’organisme. Un modèle d’apprentissage profond transforme ensuite ces signaux en une courbe montrant l’évolution de la pression artérielle au fil du temps, plutôt que le relevé ponctuel fourni par un brassard standard placé sur le bras.
Cela compte, car la pression artérielle peut varier rapidement en réanimation. Si elle augmente trop, elle peut contribuer aux AVC, aux crises cardiaques et aux lésions rénales. Si elle baisse trop, le cerveau et les organes vitaux peuvent ne pas recevoir suffisamment de sang. Les lignes artérielles fournissent la surveillance continue dont les cliniciens ont besoin, mais leur insertion comporte des risques de saignement, de thrombose et d’infection, et limite la mobilité du patient.
Et concrètement ? Si des essais plus vastes confirment les premiers résultats, les hôpitaux pourraient surveiller la pression artérielle sans introduire de cathéter dans une artère. Les chercheurs estiment que cette approche pourrait à terme dépasser le cadre de la réanimation et s’étendre aux services hospitaliers classiques ainsi qu’au domicile, notamment pour la surveillance quotidienne des personnes souffrant d’hypertension.
La prochaine étape est déjà en cours : Johns Hopkins valide les capteurs et l’algorithme auprès d’un groupe plus important de patients en réanimation. L’étude initiale montre que le système concordait étroitement avec les enregistrements des cathéters artériels, mais elle n’établit pas encore que la surveillance par capteurs portables puisse remplacer les lignes artérielles dans les soins courants. Les résultats proviennent d’une première étude menée auprès de patients à l’hôpital Johns Hopkins.
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