Le biodiesel issu de déchets peut réduire les émissions de 352 %
Cinq matières premières sont comparées dans le même système comptable : l’huile de soja, l’huile de carinata, l’huile de palmier, l’huile de cuisson usagée et le suif de bœuf. Cette comparaison, dirigée par Boreum Lee et Sanghyuk Koh à l’Université nationale de Chonnam, en République de Corée, conclut que le biodiesel issu de déchets génère les plus faibles émissions de gaz à effet de serre, avec un potentiel de réduction pouvant atteindre 352 % dans le meilleur des cas par rapport à une production utilisant des intrants conventionnels.
Les chercheurs ont utilisé GREET, un cadre d’analyse du cycle de vie, pour suivre les émissions de la production tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Le scope 1 couvre les émissions directes lors de la production de biodiesel ; le scope 2, les émissions indirectes liées à la consommation d’énergie ; et le scope 3, les principaux processus en amont et en aval. Pour les huiles végétales, cela comprend l’agriculture, l’extraction de l’huile, le raffinage, le transport et le changement indirect d’affectation des terres. Les filières issues de déchets impliquent plutôt la transformation, l’extraction et le raffinage, sans la charge liée à l’agriculture et à l’utilisation des terres.
Cette différence explique le résultat. Parmi les options végétales, l’huile de carinata affichait les plus faibles émissions de gaz à effet de serre, car elle évite le changement indirect d’affectation des terres. Mais le classement climatique ne s’est pas traduit par un classement équivalent pour la qualité de l’air : l’huile de carinata présentait les niveaux les plus élevés de composés organiques volatils et de monoxyde de carbone pour l’ensemble des filières étudiées. L’analyse d’incertitude a également révélé des fourchettes d’émissions plus larges pour les carburants végétaux que pour les matières premières issues de déchets.
Qu’est-ce que cela change en pratique ? Les régions disposant de systèmes efficaces de collecte des déchets pourraient donner la priorité au biodiesel produit à partir d’huile de cuisson usagée, tandis que les régions agricoles pourraient étudier plus attentivement les cultures énergétiques dédiées. Le choix dépendrait de la matière première et de la chaîne d’approvisionnement locales, plutôt que d’une obligation uniforme concernant les biocarburants. Comme le biodiesel est compatible avec les infrastructures diesel existantes, l’étude présente ces filières comme des options déployables sans modifications importantes, tandis que les capacités de production d’énergie renouvelable continuent de progresser.
Le résultat le plus frappant reste conditionnel. Les filières issues de déchets pourraient atteindre des émissions nettes négatives lorsque des énergies renouvelables sont utilisées pour la transformation et le raffinage, avec des réductions annoncées de 66 % à 352 % dans les scénarios les plus favorables. Ces chiffres proviennent d’une analyse du cycle de vie fondée sur GREET, publiée dans Applied Energy, et non d’un essai indépendant du carburant dans des véhicules. Ce cadre pourrait également éclairer de futures évaluations des biocarburants destinés à l’aviation et au transport maritime, mais l’étude ne conclut pas à leur déploiement dans ces secteurs.
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