L’échographie révèle des retards électriques cachés dans les cœurs malades
Une échocardiographie standard montre une valve en mouvement et le sang propulsé dans le cœur. À Columbia Engineering, l’équipe d’Elisa Konofagou ajoute une autre dimension : une cartographie de la manière dont l’activation électrique et le mouvement mécanique se propagent dans le cœur. Dans une nouvelle étude, cette imagerie des ondes électromécaniques (EWI) a identifié une activité retardée chez des patients pédiatriques atteints d’une maladie de la valve mitrale, notamment près des muscles qui contribuent à fermer la valve.
L’étude a inclus 21 sujets pédiatriques présentant un cœur sain, un MVP ou une MR, ainsi que deux adultes atteints d’un MVP arythmogène. Les patients atteints de MVP présentaient une activation électromécanique du ventricule gauche significativement retardée, en particulier autour des muscles papillaires. Même les formes légères de MVP et de MR étaient associées à des temps d’activation et de récupération de l’ensemble du cœur plus longs que chez les sujets sains ; les patients atteints de MR avaient des temps de récupération plus longs que ceux présentant un MVP.
Le mécanisme est important, car le MVP et la MR ne sont pas seulement des problèmes structurels. Le MVP fait bomber la valve vers l’arrière lorsque le cœur se contracte, tandis que la MR l’empêche de se fermer complètement, ce qui permet au sang de refluer. Les résultats de l’équipe indiquent que ces modifications valvulaires peuvent coïncider avec une modification du rythme dans le muscle cardiaque voisin — des signaux que l’échocardiographie conventionnelle ne cartographie pas directement.
Chez les deux adultes atteints d’un MVP arythmogène, un seul examen échocardiographique a permis de localiser de manière non invasive les battements cardiaques anormaux spontanés dans les mêmes régions que des zones de fonction électromécanique localement retardée. Des études précliniques ont confirmé ce résultat. Les mesures proviennent toutefois d’une petite étude clinique, et les chercheurs prévoient d’évaluer l’EWI sur une population plus vaste avant d’envisager son utilisation courante sur des échographes cliniques.
Qu’est-ce que cela change en pratique ? Si des études plus vastes confirment ces résultats, les cliniciens pourraient utiliser un seul examen échographique non invasif pour évaluer simultanément la structure de la valve, la mécanique cardiaque et le rythme électrique. Cela pourrait contribuer à repérer plus tôt des anomalies discrètes et à évaluer les risques chez les patients dont la maladie valvulaire ou les arythmies ne sont pas entièrement expliquées par un examen conventionnel. Pour l’instant, l’EWI reste une technique expérimentale plutôt qu’un outil diagnostique courant.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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