Chirurgie robotisée du genou : résultats similaires chez 339 patients
Dans 10 hôpitaux du Royaume-Uni, des chirurgiens ont utilisé un bras robotisé pour les aider à poser des prothèses du genou chez 339 patients. Un an plus tard, les patients ne percevaient aucune différence : la douleur, la capacité à marcher et la récupération étaient similaires à celles observées après une chirurgie conventionnelle. Ce résultat provient de RACER-Knee, un vaste essai clinique contrôlé randomisé, mené en aveugle pour les participants et les évaluateurs, et publié dans The Lancet.
Le robot a toutefois fait mieux sur un point. Il a positionné les instruments chirurgicaux avec davantage de précision, permettant aux chirurgiens d’ajuster les angles et la profondeur des découpes à l’anatomie du patient. Cette approche pourrait favoriser des prothèses du genou plus personnalisées que la méthode standard, dans laquelle les chirurgiens s’appuient sur leur expérience et sur un ensemble conventionnel d’instruments. Mais cette plus grande précision technique n’a pas amélioré le principal critère de l’essai, le score Forgotten Joint, qui mesure la fréquence à laquelle les patients remarquent leur articulation artificielle au cours de leurs activités quotidiennes.
Le revers était concret. La pose robotisée d’une prothèse totale du genou a duré en moyenne 10,5 minutes de plus et coûté environ 950 £ supplémentaires en moyenne. Dans le cadre des plafonds de coûts actuels du NHS, le système testé n’était pas rentable sur la première année. Il n’a pas non plus été associé à un risque accru d’événements indésirables graves, ce qui suggère une sécurité comparable à celle de la chirurgie conventionnelle.
Qu’est-ce qui change pour les patients aujourd’hui ? Pas grand-chose au cours de la première année : l’essai ne montre ni diminution de la douleur, ni amélioration des mouvements, ni récupération plus rapide grâce à l’assistance robotique. Pour les hôpitaux, le système constitue un outil précis, mais il ajoute du temps et des coûts sans bénéfice à court terme démontré pour les patients. Les chercheurs continueront de suivre les participants pendant 10 ans, notamment pour déterminer si les deux approches diffèrent quant au besoin d’une nouvelle opération du genou.
C’est dans cette perspective à plus long terme que réside encore la promesse de cette technologie. Le professeur Andrew Metcalfe, de l’université de Warwick, a déclaré que des travaux supplémentaires étaient nécessaires avant que l’assistance robotique n’apporte des bénéfices tels qu’une diminution de la douleur ou une amélioration des mouvements. Le professeur Edward Davis, du Royal Orthopedic Hospital de Birmingham, a indiqué que les chirurgiens devaient encore mieux comprendre quelle était la position idéale de l’implant et comment l’adapter à chaque patient avant de pouvoir exploiter pleinement la précision du robot.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
À lire ensuite
- Des chirurgiens d’El Camino utilisent le robot da Vinci pour des pontages coronariens
- Un hôpital de Madrid implante une prothèse osseuse personnalisée en métamatériau
- Une étude pilote constate une réduction de 23,8 % de la profondeur mesurée des cicatrices
- Un échafaudage préclinique imite la transition tendon-os
Commentaires
Chargement du fil…
Connectez-vous pour écrire un commentaire. Se connecter