Un scaffold régénère le cartilage d’un lapin à 91 % de l’épaisseur naturelle
Le genou endommagé d’un lapin abrite désormais une minuscule structure conçue pour disparaître. Des chercheurs dirigés par la professeure Aleksandra Ovsianikov, de TU Wien, avec le doctorant Oliver Kopinski-Grünwald et des centres viennois de traumatologie et de médecine, ont comblé une lésion du cartilage avec un treillis chargé de cellules, fabriqué à partir de la résine DEGRAD INX de BIO INX. Après douze semaines, le tissu régénéré atteignait environ 91 % de l’épaisseur du cartilage naturel.
Le scaffold se présentait initialement sous la forme de structures sphériques imprimées d’environ 0,3 mm de diamètre, soit approximativement la taille d’un grain de sable. Les chercheurs les ont ensemencées avec des cellules cartilagineuses cultivées à partir de cellules souches, ont laissé ces cellules mûrir, puis ont assemblé les modules en un implant plus volumineux. Le matériau soutenait et organisait les cellules, avant de se dégrader progressivement à mesure que le nouveau tissu se développait.
La méthode d’impression utilisée est la lithographie multiphotonique, une technique laser capable d’atteindre des résolutions inférieures à un micromètre. Cette précision crée pour les cellules un microenvironnement dense et organisé. La difficulté ne résidait pas uniquement dans l’impression : le matériau devait également être biodégradable et biocompatible. L’étude marque le premier passage de cette approche fondée sur les micro-scaffolds d’une boîte de laboratoire à un organisme vivant.
Le résultat ne constitue pas encore un traitement pour l’être humain. Les données proviennent d’une expérience in vivo précise menée sur des lapins, et le tissu régénéré avait une épaisseur d’environ 91 % de celle du cartilage naturel, sans lui être totalement équivalent. L’analyse histologique a qualifié le tissu de « cartilage presque normal », tandis que le groupe non traité présentait un résultat nettement moins bon.
Concrètement, cette approche pourrait éventuellement permettre d’injecter des modules chargés de cellules dans des lésions irrégulières du cartilage sans ouvrir l’articulation. Les modules pourraient s’adapter à la zone endommagée, tandis que le scaffold temporaire disparaîtrait. Cette possibilité est le fruit de 10 ans de travaux du groupe d’Aleksandra Ovsianikov sur cette stratégie de micro-scaffolds, la certification et la validation se comptant encore en années.
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