FRACTURE-ML repère le risque de fracture de la hanche
Avant même qu’un clinicien ne mesure l’indice de masse corporelle ou ne pose des questions sur le mode de vie, un nouveau modèle pourrait estimer le risque de fracture de la hanche d’un patient à partir de dossiers existants. Développé par les chercheurs Kristian Axelsson et Mattias Lorentzon, de l’Université de Göteborg en Suède, FRACTURE-ML a identifié près de sept fois plus de personnes à risque dans les deux ans que le dépistage clinique suédois actuel, sans évaluation en présentiel.
Le modèle a été construit à partir des données des registres nationaux suédois couvrant 3 542 647 personnes âgées de 50 ans ou plus, suivies pendant jusqu’à 10 ans. Au cours de cette période, 142 327 participants ont subi une fracture de la hanche. FRACTURE-ML a utilisé plus de 100 000 variables issues des diagnostics, des médicaments, des actes médicaux, des informations démographiques et des données socioéconomiques pour distinguer les personnes qui se fractureraient ultérieurement la hanche de celles qui ne la fractureraient pas.
Ses performances se sont confirmées sur un groupe distinct qui n’avait pas servi à développer le modèle. L’aire sous la courbe — une mesure de la capacité d’une prédiction à distinguer les personnes présentant un risque élevé de celles présentant un risque moindre — était de 0,89 à un an et de 0,85 à cinq ans. Par rapport au dépistage suédois existant, la sensibilité est passée de 0,12 à 0,84, tandis que la spécificité reculait de 0,98 à 0,79. Une version plus simple utilisant 35 variables s’est révélée presque aussi performante, ce qui laisse penser qu’un outil plus pratique pourrait conserver une grande partie de la précision du modèle complet.
Alors, qu’est-ce que cela change concrètement ? Les services de santé pourraient utiliser les données recueillies en routine pour repérer davantage de personnes susceptibles de bénéficier de mesures préventives avant qu’une fracture ne survienne, plutôt que de s’appuyer uniquement sur des évaluations nécessitant un contact direct. Le dépistage à l’échelle de la population pourrait ainsi gagner en efficacité chez les personnes âgées, dont les fractures de la hanche sont associées à des handicaps, des maladies et des décès.
Les limites sont claires. Les données des registres ne prennent pas en compte certains facteurs liés au mode de vie, comme le tabagisme et la consommation d’alcool, qui peuvent influer sur le risque de fracture. Les résultats proviennent de Suède, et les auteurs indiquent que FRACTURE-ML doit encore être validé dans d’autres pays et testé dans les soins courants. Ils soulignent également que des modèles statistiques traditionnels soigneusement conçus ont atteint une précision similaire, ce qui signifie que l’avancée tient moins à un algorithme particulier qu’à une utilisation plus efficace de données de santé complètes.
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