Les labos robotiques de Vivodyne testent des médicaments sur des tissus humains
Dans le site de Vivodyne situé juste à l’extérieur de San Francisco, des systèmes robotiques cultivent des tissus humains, ajoutent des médicaments et suivent ce qui se passe ensuite. Les machines HIVE de la start-up peuvent cultiver 20 types de tissus humains et mener des centaines de milliers d’expériences en parallèle, transformant un goulot d’étranglement bien connu de la découverte de médicaments en un flux automatisé d’observations biologiques.
Le problème ne se résume pas à un manque de puissance de calcul. Les modèles d’IA apprennent souvent à partir d’essais sur des animaux ou d’études statiques portant sur des cellules et des protéines individuelles. Ils peuvent déterminer qu’une cellule se trouve dans l’état A ou l’état B, a expliqué à TechCrunch le PDG et cofondateur de Vivodyne, Andrei Georgescu, mais pas nécessairement que l’état B a été provoqué par une inflammation dans l’état A. HIVE est conçu pour enregistrer cette chaîne d’événements en exposant des tissus humains malades à différents stimuli et en mesurant leur réaction.
Vivodyne affirme que les premiers résultats sont prometteurs. Ses cellules hépatiques ont affiché une précision prédictive de 94 % par rapport à des essais de toxicité chez l’humain, tandis que ses tissus des voies respiratoires correspondaient au comportement de vrais tissus humains dans 96 % des cas. Sa moelle osseuse a atteint une concordance de 100 % lors de tests portant sur 20 médicaments de chimiothérapie. L’entreprise a levé un peu moins de 80 millions de dollars au cours de deux tours de financement menés par Khosla Ventures et affirme travailler avec plusieurs grands groupes pharmaceutiques, sans toutefois les avoir nommés publiquement.
Le bénéfice immédiat serait concret : disposer de meilleures données pour déterminer quels candidats-médicaments méritent d’être soumis à des essais cliniques, un processus qui coûte généralement des dizaines de millions de dollars. L’enjeu est important, car 90 % des médicaments efficaces lors des tests sur des animaux et qui passent aux essais cliniques n’obtiennent pas d’autorisation réglementaire pour être utilisés chez l’humain. Si les résultats de HIVE se confirment, les chercheurs pourraient écarter plus tôt un plus grand nombre de candidats peu prometteurs et concentrer les capacités d’essai limitées sur des traitements reposant sur un dossier biologique plus solide.
L’ambition plus large consiste à fournir à l’IA ce qui lui manque actuellement : des données causales sur la biologie humaine, afin de créer des modèles capables de raisonner sur les effets et pas seulement sur les tendances. Cela pourrait se révéler particulièrement utile pour les traitements combinés, qui doivent cibler plusieurs voies biologiques à la fois. Mais les éléments disponibles restent communiqués par l’entreprise, et aucun essai indépendant de ces performances n’a été publié dans le compte rendu examiné ici. HIVE fonctionne comme une plateforme expérimentale, et non comme un remplacement éprouvé des essais cliniques chez l’humain.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
À lire ensuite
- La FDA autorise Aletta, premier robot autonome de prélèvement sanguin
- Une puce humaine suit le cancer du sein vers les os et les poumons
- Des phages conçus par IA infectent des bactéries lors d’un premier test en laboratoire
- Des organoïdes cérébraux reflètent le développement humain pendant près de six ans
Commentaires
Chargement du fil…
Connectez-vous pour écrire un commentaire. Se connecter