L’hespérétine inverse certains signes du vieillissement du foie
À 21 mois, des souris mâles en bonne santé ont entamé une expérience alimentaire de cinq mois. En laboratoire, un groupe a reçu de l’hespérétine — un flavonoïde naturellement présent dans les agrumes — à raison de 100 mg/kg/jour, tandis qu’un groupe témoin a reçu une alimentation neutre. À la fin de l’expérience, les animaux traités présentaient moins de signes de lésions hépatiques liées à l’âge, notamment de stéatose hépatique, d’inflammation et de tissu cicatriciel.
L’âge moléculaire du foie a lui aussi évolué. Le séquençage a mesuré simultanément l’activité de plus de 10 000 gènes, en comparant de jeunes souris à des souris âgées non traitées et traitées à l’hespérétine. Le composé a rapproché le foie vieillissant d’un profil plus jeune, en inversant environ 24 % des changements d’expression génique liés à l’âge. Les mitochondries et la machinerie cellulaire responsable du repliement des protéines ont également retrouvé un état plus sain, tandis que les marqueurs sanguins des lésions hépatiques se sont rapprochés de la normale.
L’équipe a identifié un mécanisme, plutôt qu’une simple association. L’hespérétine a stabilisé Hmgcs2, lui permettant d’interagir avec Pparα ; ensemble, ils ont activé la production de Cisd2, un gène protecteur impliqué dans la santé des mitochondries et l’équilibre cellulaire. La suppression de Cisd2 spécifiquement dans les cellules hépatiques a rendu l’hespérétine beaucoup moins efficace, ce qui désigne Cisd2 comme le principal moteur de la réparation observée chez les souris.
La biologie présente un signal chez l’être humain, mais pas encore de résultat clinique. Dans des tissus hépatiques non tumoraux prélevés chez 80 patients opérés, les niveaux de PPARα et de CISD2 diminuaient tous deux avec l’âge, et des niveaux plus élevés de PPARα étaient associés à des niveaux plus élevés de CISD2. Cette observation étaye la voie décrite dans l’étude sur les souris, sans démontrer que l’hespérétine soit bénéfique pour les patients.
Qu’est-ce que cela change, concrètement ? L’étude ouvre une piste vers un médicament ou un nutraceutique soumis à des évaluations rigoureuses contre la stéatose hépatique liée à l’âge, plutôt qu’une raison de recommander davantage d’agrumes. Les chercheurs précisent qu’ils ne prétendent pas que manger des agrumes produira le même effet. Le résultat reste une observation de laboratoire chez des souris âgées, et aucun bénéfice d’un traitement chez l’être humain n’a été établi.
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