La chaleur fébrile améliore la cognition de souris modèles de l’autisme
Une souris qui ne parvient normalement pas à résoudre un labyrinthe dans le temps imparti en trouve la sortie lorsque sa température corporelle atteint un niveau semblable à celui de la fièvre. Lors d’expériences menées par des chercheurs des Instituts nationaux de la santé, de jeunes souris Scn2a +/- ont été placées face à un labyrinthe circulaire comportant 20 trous, dont un seul constituait une issue. À température normale, la tâche n’était souvent pas terminée ou prenait trop de temps ; à une température semblable à celle de la fièvre, les souris repéraient rapidement le bon trou et réussissaient l’épreuve.
Ces mêmes animaux sont également devenus plus aptes à distinguer au toucher un objet familier d’un nouvel objet. Des comportements tels que toucher à répétition des surfaces texturées ou interagir de manière excessive avec des objets familiers se sont améliorés après l’exposition à une température plus élevée. Les chercheurs se sont intéressés au toucher parce que les différences sensorielles sont fréquentes dans l’autisme et peuvent aider à identifier les régions cérébrales concernées.
L’étude, publiée dans Molecular Psychiatry, a examiné ce qui se passait dans le cortex somatosensoriel, une région cérébrale impliquée dans le traitement des informations tactiles. À une température corporelle proche de la normale, les neurones des souris modèles de l’autisme présentaient une activité électrique anormalement élevée. Lorsque la température montait à des niveaux semblables à ceux de la fièvre, cette activité se rapprochait de la normale. Les chercheurs ont constaté que le seuil de déclenchement — la tension nécessaire pour activer un neurone — augmentait surtout chez les neurones devenus inactifs.
Les expériences ont désigné les canaux potassiques, plutôt que les canaux sodiques, comme un possible point de contrôle. Des températures plus élevées augmentaient les courants potassiques, tandis que le blocage de ces canaux à l’intérieur des neurones empêchait la hausse du seuil de déclenchement liée à la température. Des médicaments renforçant l’activité des canaux potassiques, ainsi que des outils génétiques utilisés pour contrôler certains neurones, ont également amélioré la discrimination tactile.
Alors, qu’est-ce qui change concrètement ? Ces travaux dissocient la composante thermique de la fièvre de l’activation immunitaire qui la produit et proposent un mécanisme susceptible d’expliquer les changements temporaires de symptômes observés chez certains enfants autistes. Pour l’instant, les données proviennent d’un modèle murin génétiquement modifié et d’expériences comportementales et neuronales ; elles ne montrent pas qu’une hausse de la température corporelle ou que des médicaments agissant sur les canaux potassiques soient bénéfiques pour les personnes autistes.
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