Cerveau : plus de récepteurs dopaminergiques chez les adultes autistes
Un scanner cérébral révèle une différence dans le système dopaminergique des adultes autistes : des chercheurs danois ont observé une plus grande disponibilité des récepteurs dopaminergiques D2 que chez les participants neurotypiques. Ce résultat provient d’une étude menée auprès de 60 adultes par l’Université du Danemark du Sud et l’hôpital universitaire d’Odense.
L’équipe a réuni trois angles d’étude du cerveau au sein d’une même recherche. La tomographie par émission de positons, ou PET, a mesuré les récepteurs dopaminergiques et le métabolisme du glucose — la consommation énergétique du cerveau — tandis que les chercheurs ont également examiné la communication entre les régions cérébrales. Cette approche combinée leur a permis d’étudier ensemble les messagers chimiques, les besoins énergétiques et la connectivité, au lieu de les traiter comme des questions distinctes.
Le phénomène ne se limitait pas à la disponibilité des récepteurs. Dans certaines régions profondes du cerveau, les participants autistes qui comptaient davantage de récepteurs dopaminergiques présentaient aussi une consommation énergétique plus élevée. Les chercheurs ont en outre indiqué que la dopamine influençait différemment la communication entre les régions cérébrales chez les participants autistes et neurotypiques, ce qui laisse penser que le système dopaminergique pourrait être plus profondément impliqué dans l’autisme qu’on ne le croyait auparavant.
Et concrètement ? L’étude ne fournit pas de test diagnostique et n’explique pas pourquoi l’autisme se développe. Sa portée immédiate est plus limitée, mais utile : elle fournit aux chercheurs un profil biologique à étudier et une manière d’examiner pourquoi le TDAH survient si souvent conjointement avec l’autisme, puisque la dopamine joue également un rôle central dans le TDAH. Elle pourrait contribuer à mieux comprendre la neurodiversité plutôt qu’à chercher à changer les personnes autistes.
Ce résultat reste une observation préliminaire. L’étude est présentée comme la première étude PET spécifiquement conçue pour examiner d’éventuelles différences entre les hommes et les femmes autistes, mais ses auteurs estiment que des études plus vastes devront déterminer si ces résultats se vérifient dans d’autres groupes et peuvent être reproduits.
Commentaires
Chargement du fil…
Connectez-vous pour écrire un commentaire. Se connecter