Des chercheurs proposent un test sanguin des acides biliaires en 10–20 minutes
Un flacon de sang pourrait contenir un signal d’alerte précoce que les bilans de routine ne détectent pas actuellement. Des chercheurs de l’université de Toledo présentent un test capable d’identifier un taux élevé d’acides biliaires en 10–20 minutes, avec seulement quatre microlitres supplémentaires de sang prélevés en même temps qu’un test de glycémie.
Les acides biliaires aident l’organisme à digérer les graisses et à absorber les vitamines liposolubles. Normalement, ils circulent entre le foie et l’intestin au lieu de s’accumuler dans le sang. Lorsque le foie est atteint ou que l’écoulement de la bile est bloqué, ils peuvent s’accumuler dans le sang — un état appelé cholémie — avant l’apparition de fatigue, de gêne abdominale, d’un ictère ou de marqueurs sanguins habituels.
La découverte est venue d’une modification inattendue des globules rouges. Les chercheurs s’attendaient à ce que l’exposition aux acides biliaires rende les cellules plus fragiles. Or, dans plusieurs modèles de souris et dans des échantillons humains, les cellules sont devenues plus résistantes à la rupture. Selon l’équipe, les acides biliaires entraînent l’accumulation de davantage de cholestérol dans la membrane cellulaire, qui perd en parallèle son principal phospholipide. La membrane devient ainsi plus rigide et peut être détectée grâce à un test de stress osmotique.
La comparaison chez l’être humain portait sur 23 patients atteints d’une maladie hépatique cholestatique et pris en charge au centre médical de l’université de Toledo, ainsi que sur 23 témoins du même âge et du même sexe ne présentant aucun signe de maladie du foie. Le test ne permettrait pas de diagnostiquer une maladie hépatique : un résultat positif signalerait la nécessité d’une évaluation complémentaire. Le Bureau du transfert de technologie de l’université a déposé une demande de brevet pour ce concept diagnostique.
Et concrètement ? Un dépistage de première intention pourrait donner aux médecins une raison d’examiner plus tôt un dysfonctionnement du foie, à un moment où la surveillance ou le traitement peuvent encore être plus efficaces. Les chercheurs citent en particulier la cholestase intrahépatique de la grossesse, au cours de laquelle des taux d’acides biliaires supérieurs à 40 micromolaires peuvent causer de graves dommages au fœtus. Le résultat reste une observation de recherche et non un service clinique courant ; le dépistage proposé viendrait en complément des bilans diagnostiques, sans les remplacer.
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