Le solaire franchit les 10 % de l’électricité mondiale… les batteries ouvrent la voie au « solaire nocturne »
À midi, le solaire couvre plus de 25 % de la demande mondiale d’électricité. Mais entre 8 heures du soir et 5 heures du matin, sa contribution tombe quasiment à 0. Les systèmes de stockage d’énergie (ESS), c’est-à-dire les batteries qui stockent l’électricité avant de la restituer lorsque c’est nécessaire, comblent cet écart entre le jour et la nuit et ouvrent un nouveau chapitre pour le solaire. Ember a annoncé que le solaire avait représenté pour la première fois 10 % de la production mondiale d’électricité au premier semestre de cette année.
La croissance se mesure déjà à son rythme. La production mondiale d’électricité solaire est passée de 769TWh au premier semestre de l’an dernier à 1564TWh au premier semestre de cette année, tandis que la croissance de la production solaire a été 7 fois plus rapide que celle de la production mondiale totale d’électricité sur la même période. Au Chili, la part du solaire à midi a atteint 71 %, contre 58 % à 1 heure de l’après-midi aux Pays-Bas et 55 % à midi en Allemagne, mais à 9 heures du soir, le solaire avait presque disparu dans les trois pays.
Les batteries permettent de décaler cette production. Porté notamment par la diffusion des batteries au lithium-fer-phosphate (LFP), le coût moyen d’installation des systèmes mondiaux de stockage par batterie est passé de 2 634 dollars par ㎾h en 2010 à 140 dollars l’an dernier, soit une baisse de 95 %. Ember estime que la baisse des prix ainsi que les progrès en matière de performances, de sécurité et de durée de vie ont fait des batteries un moyen économiquement viable de déplacer vers la nuit l’électricité solaire bon marché produite pendant la journée.
Des exemples sont déjà visibles sur les réseaux électriques. En Californie, au premier semestre de cette année, le solaire et les batteries ont couvert plus d’un quart de la demande moyenne d’électricité entre 7 et 9 heures du soir. En Bulgarie, ils ont fourni 24 % de la demande sur le même créneau, ainsi que 10 % en moyenne entre 7 heures du soir et 7 heures du matin le lendemain. Au Chili également, les batteries permettent de couvrir plus de 10 % de la demande d’électricité du soir grâce au solaire.
Le changement est donc clair. Au lieu de perdre l’électricité produite en plein jour lorsque la production solaire atteint son maximum, ou de la laisser s’écouler à bas prix, il devient possible de la relier à la demande du soir. Cela ouvre également une marge de réponse aux problèmes de réduction de la production et de prix négatifs de l’électricité, qui se sont amplifiés avec le développement du solaire. Ces projections reposent toutefois sur l’hypothèse que les 459GWh de nouvelles installations de batteries de cette année seront tous utilisés pour décaler la production solaire dans le temps. La possibilité présentée par Ember ne constitue donc pas un résultat opérationnel déjà observé dans toutes les régions.
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