En laboratoire, la lumière blanche décale la température perçue de 1,3 °F
Une pièce peut sembler plus chaude sans que le thermostat bouge. Dans une chambre climatique de Penn State, 10 participants étaient assis dans un box simulant un bureau, tandis que la température de l’air augmentait et diminuait à partir d’une température initiale d’environ 76 °F (24 °C). Les chercheurs ont modifié la lumière, mais pas son apparence visible : les deux réglages de lumière blanche semblaient identiques à l’œil humain.
La différence se trouvait dans le spectre. Une lampe était enrichie en lumière bleue à ondes courtes, l’autre en lumière rouge à ondes longues — deux composantes du rayonnement électromagnétique que les humains perçoivent comme de la lumière. Sous la lumière blanche enrichie en bleu, les participants se sentaient suffisamment au frais pour tolérer une température de l’air supérieure d’environ 1,3 °F. La lumière blanche enrichie en rouge leur donnait au contraire une sensation de chaleur accrue.
Cette distinction est importante, car un éclairage coloré peut être distrayant dans les bureaux, les salles de classe et les logements. L’équipe de Penn State, dirigée par Julian Wang, professeur de génie architectural, a constaté que la modification de la composition spectrale d’une lumière blanche d’apparence ordinaire pouvait influencer la sensation thermique sans changer visiblement la pièce. Selon Wang, une plage de confort plus large pourrait à terme réduire les besoins de chauffage et de climatisation et générer des économies d’énergie cumulées.
Et concrètement ? Le résultat à court terme n’est ni un produit pour le bâtiment ni une économie d’énergie démontrée. Il s’agit d’une expérience contrôlée suggérant que les systèmes d’éclairage pourraient un jour aider les occupants à rester à l’aise à des températures légèrement différentes, en réduisant potentiellement le travail demandé aux équipements de chauffage et de climatisation. L’étude était exploratoire, portait sur de jeunes adultes âgés de 18 à 35 ans et nécessite des tests plus vastes et plus diversifiés avant que cet effet puisse être appliqué à grande échelle.
Les chercheurs prévoient d’étudier la persistance de cette réaction selon les âges et les profils, ainsi que les interactions entre l’éclairage, le son, les vues depuis les fenêtres et les motifs visuels. Ils souhaitent également tester cette stratégie dans des conditions de chaleur et de froid plus extrêmes et évaluer son utilisation dans des bâtiments réels, notamment des logements, des bureaux et des habitats spatiaux.
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