Les ultrasons focalisés offrent une cible temporaire aux cellules CAR-T dans les tumeurs solides
Une tumeur n’a pas besoin d’afficher le nouveau signal sur chacune de ses cellules. Dans des expériences menées par des chercheurs de l’École d’ingénierie USC Viterbi, les ultrasons focalisés ont aidé une petite proportion de cellules de tumeurs solides à afficher temporairement CD19, un marqueur déjà reconnu par les cellules immunitaires CAR-T modifiées. Ces cellules ont ensuite contribué à diriger une attaque contre l’ensemble de la tumeur.
Le système, baptisé SHIFTERS, utilise un déclencheur en deux parties. Le premier signal est un faible taux d’oxygène, une situation fréquente à l’intérieur des tumeurs solides à croissance rapide. Le second est constitué d’ultrasons focalisés, qui peuvent cibler des tissus en profondeur dans l’organisme sans chirurgie. Ce n’est que lorsque les deux conditions sont réunies que les cellules tumorales produisent brièvement CD19, le marqueur restant présent pendant environ une semaine.
Cette approche part donc d’un principe différent de la recherche habituelle d’un antigène naturel — un marqueur de surface présent sur les cellules cancéreuses mais pas sur les tissus sains. Les tumeurs solides apparaissent à partir de tissus normaux et partagent souvent nombre de leurs caractéristiques, ce qui rend difficile l’identification d’une cible parfaite. SHIFTERS cherche au contraire à créer une cible temporaire là où les médecins veulent faire agir les cellules CAR-T.
Les chercheurs sont passés de cellules cancéreuses cultivées en laboratoire à des modèles tridimensionnels de tumeurs, puis à des animaux porteurs de tumeurs humaines au cerveau et au foie. Dans chaque contexte, les ultrasons ont activé le marqueur et produit une attaque CAR-T bien plus importante que celle généralement observée contre les tumeurs solides. L’équipe rapporte que 10 % à 25 % des cellules portant la cible initiale suffisaient à provoquer une destruction importante dans l’ensemble de la tumeur, y compris des cellules non marquées.
Qu’est-ce que cela change en pratique ? Pas le traitement aujourd’hui : SHIFTERS n’a pas encore été testé chez l’être humain, et le principal problème non résolu reste celui de l’administration directe de son programme génétique dans les tumeurs. L’équipe compare des nanoparticules lipidiques à des virus modifiés avant de mener des études sur des animaux plus grands, puis d’éventuels essais chez l’être humain. Pour les patients atteints de tumeurs solides, le changement potentiel est plus fondamental, mais significatif : au lieu d’attendre que le cancer révèle une cible utilisable, les médecins pourraient un jour en activer temporairement et localement une.
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