Chez la souris, un gène relie le câblage du cerveau au stress et au métabolisme
Une souris peut continuer à manger normalement tout en montrant que son équilibre interne se dégrade. Lorsque des chercheurs de l’Institut Weizmann des sciences ont désactivé le gène Otp dans certaines cellules de souris adultes, les animaux ont libéré davantage d’hormones du stress, ont présenté un comportement évoquant la dépression et ont perdu une grande partie de leur capacité à faire face aux situations stressantes.
Otp, abréviation d’Orthopedia, était déjà connu pour son rôle avant la naissance, lorsqu’il contribue à créer le câblage du cerveau. La nouvelle étude montre que son activité se poursuit à l’âge adulte. Les chercheurs ont ciblé l’hypothalamus, une région du cerveau qui coordonne des fonctions essentielles, notamment la faim, le sommeil, la reproduction et le stress, en libérant des messagers chimiques qui agissent dans le cerveau et dans l’ensemble de l’organisme.
La perturbation ne s’est pas limitée au comportement. Les souris présentaient des taux plus faibles d’hormones thyroïdiennes, une température corporelle inférieure et un taux de cholestérol plus élevé. Elles mangeaient normalement et pesaient à peu près autant que les animaux témoins, mais elles ont accumulé davantage de graisse corporelle et réagissaient moins efficacement aux signaux de faim. Le même gène semble donc se trouver au cœur de plusieurs systèmes, plutôt que de contrôler une seule voie biologique.
À l’échelle cellulaire, les chercheurs décrivent Otp comme une sorte d’aiguilleur. Il reçoit des signaux provenant du corps et du monde extérieur, puis contribue à orienter l’activité de l’ADN dans les cellules impliquées dans la régulation du stress et de la thyroïde. Dans l’hypothalamus, il peut agir sur des populations cellulaires aux fonctions opposées, notamment celles liées à la faim et à la dépense énergétique, tout en contribuant au maintien de leur équilibre.
Concrètement, qu’est-ce qui change ? L’étude propose une explication biologique au fait que le stress et le métabolisme puissent évoluer de concert, plutôt que d’être considérés comme des problèmes entièrement distincts. Cela pourrait aider les chercheurs à étudier des troubles dans lesquels le stress, les hormones thyroïdiennes, le cholestérol ou la glycémie se recoupent. Pour l’instant, il s’agit d’un résultat obtenu en laboratoire chez la souris — pas d’un traitement destiné à l’être humain — et les chercheurs indiquent que le rôle du gène chez l’être humain doit encore être établi.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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