Les maladies non transmissibles reçoivent 2,5 % de l’aide ciblée
À la Ludwig Maximilian University of Munich, des chercheurs ont transformé 3,7 millions de projets d’aide au développement en une cartographie des bénéficiaires des financements sanitaires — et de ceux qui n’en bénéficient pas. Leur pipeline d’apprentissage automatique a révélé que les maladies non transmissibles représentent environ 60 % de la charge mondiale de morbidité, mais n’ont reçu que 2,5 % de l’aide ciblée sur les maladies examinée.
L’équipe dirigée par le professeur Stefan Feuerriegel, directeur de l’Institut de l’IA pour le management de la LMU, a comparé les financements consacrés à certaines maladies et la charge de morbidité, à l’échelle des pays comme des maladies. Le jeu de données, fourni par l’Organisation de coopération et de développement économiques, couvre des projets menés de 2000 à 2022 ; environ 320 000 d’entre eux ont été classés dans 17 grandes catégories de maladies, pour un montant total de 332 milliards de dollars.
Le contraste s’observe dans les deux sens. Le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles ont reçu environ 34 % de l’aide entre 2000 et 2021, alors qu’ils représentent 6 % de la charge mondiale de morbidité. Des écarts similaires apparaissent pour le paludisme, les maladies tropicales négligées et les carences nutritionnelles. En Afrique centrale ainsi que dans certaines régions d’Asie du Sud et d’Afrique de l’Ouest, les chercheurs ont constaté des écarts régionaux nets entre les financements et la charge de morbidité pour différentes maladies.
Et concrètement ? Le pipeline offre aux responsables de l’aide une vision beaucoup plus fine qu’un total mondial des financements : ils peuvent comparer les pays et les maladies, repérer les divergences entre les deux et s’appuyer sur ces éléments pour fixer les priorités. Pour les décideurs politiques, le bénéfice immédiat est la visibilité — pas un ordre automatique de dépenses.
Les chercheurs restent prudents quant à ce que les chiffres permettent de démontrer. Ils décrivent des déséquilibres, et non une mauvaise allocation confirmée : l’efficacité des coûts et les caractéristiques propres aux systèmes de santé peuvent expliquer certains choix. Les résultats ont été publiés dans Nature Communications, et les chiffres proviennent de l’analyse du jeu de données de l’OCDE réalisée par les chercheurs.
Commentaires
Chargement du fil…
Connectez-vous pour écrire un commentaire. Se connecter