Le rappel adapté à JN.1 affine les défenses existantes en anticorps contre la COVID-19
Le système immunitaire n’est pas reparti de zéro. Après un rappel à ARNm adapté à JN.1, des chercheurs de Hanovre et de Göttingen ont constaté que les personnes déjà immunisées remobilisaient principalement leurs cellules B mémoire existantes — des cellules immunitaires qui gardent la mémoire de rencontres antérieures — pour reconnaître le nouveau variant. L’étude fait état d’une amélioration de la liaison et de la neutralisation des anticorps contre JN.1 et des variants ultérieurs qui lui sont étroitement apparentés.
Dans un premier temps, les chercheurs n’ont détecté que des cellules B reconnaissant exclusivement le variant Wu01 antérieur, ou réagissant de manière croisée à Wu01 et à JN.1. Les cellules B spécifiques de JN.1 sont apparues plus lentement, atteignant leur pic 21 jours après la vaccination. Ce calendrier montre que la réponse spécifique à JN.1 s’est développée plus tard.
L’équipe de TWINCORE, de la faculté de médecine de Hanovre et du Centre allemand des primates a utilisé le séquençage de l’ARN à cellule unique et des tests fonctionnels d’anticorps monoclonaux — des copies fabriquées en laboratoire d’un même anticorps — pour suivre cette évolution. Elle a constaté que l’hypermutation somatique, un processus naturel qui affine les gènes des anticorps, aidait les cellules B mémoire existantes à se lier plus efficacement à JN.1 et à le neutraliser plus fortement.
Cette découverte est importante, car les mutations du génome du SARS-CoV-2 peuvent réduire l’efficacité des vaccins à base d’ARN, qui doivent par conséquent être adaptés régulièrement. L’étude suggère qu’un rappel mis à jour peut remodeler la mémoire immunitaire pour l’orienter vers un nouveau variant, tandis que l’activation des cellules B naïves ne semble pas constituer le mécanisme dominant.
Qu’est-ce qui change en pratique ? Chez les personnes dont la réponse immunitaire a déjà été façonnée par la vaccination ou l’infection, un rappel adapté à un variant pourrait améliorer la qualité des défenses dont elles disposent déjà, plutôt que de devoir construire une nouvelle réponse à partir de zéro. Les chercheurs ont mesuré les anticorps et les cellules B, et non la protection réelle contre l’infection ou les formes graves ; le résultat constitue donc une cartographie de la réponse immunitaire, pas une garantie clinique.
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