Un vaccin expérimental contre Zika protège les souris par les seules cellules T
Un vaccin a protégé des souris contre Zika, même après que les chercheurs ont supprimé le rôle habituellement attribué aux anticorps. À l’Institut d’immunologie de La Jolla, Sujan Shresta, Annie Elong Ngono et Kantinan Chuensirikulchai ont découvert que les cellules T CD8+ — des cellules immunitaires qui repèrent et détruisent les cellules infectées — pouvaient assurer seules cette protection.
Cette découverte s’attaque à un problème qui a freiné les vaccins contre Zika. Zika et la dengue sont des virus proches, dotés de protéines d’enveloppe externes similaires. Les anticorps entraînés contre l’un des virus peuvent se fixer à l’autre sans le neutraliser, un phénomène appelé aggravation dépendante des anticorps, ou ADE, qui peut transporter le virus dans les cellules immunitaires et aggraver l’infection. Les chercheurs ont donc comparé deux vaccins expérimentaux chez des souris : l’un contenant les protéines externes naturelles, l’autre une boucle de fusion mutée, une région associée à de nombreux anticorps réagissant avec plusieurs virus.
Le vaccin non modifié protégeait grâce aux anticorps et aux cellules T. Le transfert de cellules T CD8+ de souris vaccinées à des animaux non vaccinés a réduit les niveaux de Zika, montrant que ces cellules faisaient davantage que soutenir la réponse anticorps. Le mutant de la boucle de fusion a produit un résultat plus net : ses anticorps ressemblaient à ceux de l’autre vaccin dans des cultures cellulaires et des tubes à essai, mais ne protégeaient pas les animaux non vaccinés. La suppression des cellules T CD8+ a fait disparaître la protection.
Concrètement ? Cette approche pourrait offrir aux chercheurs un moyen de protéger contre Zika sans dépendre entièrement d’anticorps susceptibles de créer des risques d’ADE avec la dengue et des virus apparentés. C’est important pour les populations exposées à un virus signalé dans au moins 97 pays et territoires, notamment les femmes enceintes, chez qui l’infection par Zika a été associée au syndrome congénital lié à Zika. Mais il s’agit encore d’un résultat obtenu chez la souris, pas d’un vaccin destiné à l’être humain.
La principale limite est apparue avec le temps. Douze semaines après la dernière dose, les souris ayant reçu le mutant de la boucle de fusion n’étaient pas mieux protégées que les animaux non vaccinés, tandis que celles ayant reçu le vaccin non modifié restaient protégées. L’équipe de Shresta cherche désormais à mettre au point une réponse plus durable des cellules T ; la source ne fournit encore aucune information sur un essai clinique chez l’être humain, un produit ou un calendrier de déploiement.
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