BeanBot, conçu en labo, saute sans moteur ni logiciel
Une petite coque heurte le sol, et ce qui se passe ensuite dépend moins d’une commande que de la surface sous-jacente. BeanBot, construit par des chercheurs du département de robotique souple bioinspirée de l’Institut italien de technologie, peut sauter, rouler, se retourner, glisser et gravir des pentes sans moteur, batterie, capteur ni informatique embarquée.
Son moteur est un minuscule ressort sensible à la chaleur fabriqué en alliage à mémoire de forme, un matériau qui change de forme lorsqu’il est chauffé. Des aimants maintiennent le ressort pendant qu’il emmagasine de l’énergie ; une fois qu’il atteint environ 70–80 °C, le ressort libère soudainement cette énergie et propulse la coque en forme de haricot dans les airs. La coque détermine ensuite le mouvement suivant au lieu de suivre des instructions logicielles.
La conception comporte un côté courbe et deux côtés plats. Le côté courbe permet à BeanBot de rouler, tandis que les côtés plats l’aident à rester stable et peuvent l’aider à gravir des pentes de 10 à 18 degrés. Cette forme peut également l’aider à se retourner après l’atterrissage. Lors de tests portant sur 92 sauts, environ 81,5 % se sont transformés en mouvements supplémentaires, comme rouler, glisser, rebondir ou se retourner.
Les résultats sont modestes mais bien réels : BeanBot peut sauter jusqu’à environ 30 centimètres et rouler sur environ 80 centimètres. Sa coque pèse environ 3,8 grammes, et le module de saut environ 8 grammes. Le système complet associe une coque imprimée en 3D, le ressort et les aimants, sans aucun composant électronique embarqué.
Concrètement, BeanBot montre comment le corps d’un robot et son environnement peuvent prendre en charge une partie du travail normalement confié aux capteurs, aux ordinateurs et aux logiciels. Cela pourrait offrir une manière plus simple de produire des mouvements variés dans des environnements complexes, mais la machine actuelle est lente : l’activation prend 30 à 180 secondes, et la récupération 130 à 140 secondes avant un nouveau cycle. Les chercheurs estiment que de futures améliorations des matériaux pourraient réduire ces délais et abaisser la température nécessaire pour déclencher un saut.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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