Le traitement cérébral au laser est associé à une survie plus longue lorsqu’il est utilisé plus tôt
Une minuscule ouverture dans le crâne. Une sonde laser guidée à travers le cerveau par une IRM en temps réel. Pour les patients présentant des tumeurs récurrentes, difficiles d’accès ou inopérables, c’est la voie d’un traitement désormais associé à une survie plus longue lorsque les médecins détruisent une plus grande partie de la tumeur et interviennent plus tôt. Des chercheurs de l’École de médecine de l’université Washington à Saint-Louis sont parvenus à cette conclusion après avoir analysé les résultats de 787 patients.
La procédure, appelée thermothérapie interstitielle laser, ou LITT, utilise une sonde robotisée. Une fois celle-ci arrivée jusqu’à la tumeur, le laser émet de la chaleur qui tue les cellules tumorales environnantes. L’analyse s’appuyait sur une étude multicentrique prospective ayant suivi des patients pendant jusqu’à cinq ans après le traitement sur plusieurs sites aux États-Unis ; les travaux étaient dirigés par WashU Medicine au Siteman Cancer Center et 24 autres sites.
Pour les glioblastomes nouvellement diagnostiqués, le résultat était net : les patients dont au moins 91 % de la tumeur avait été éliminée ont survécu 2,1 ans à partir du diagnostic. Les chercheurs ont comparé ce résultat à une survie d’environ 1,5 an avec une résection chirurgicale ouverte standard, tout en précisant que l’approche laser est envisagée en particulier pour les tumeurs difficiles ou impossibles à retirer par chirurgie ouverte.
Le signal concernant le moment du traitement est apparu dans un autre groupe. Pour les métastases cérébrales après une radiothérapie préalable — des cancers qui se sont propagés au cerveau depuis une autre partie de l’organisme — les données favorisaient le traitement des tumeurs alors qu’elles étaient encore petites, plutôt que l’attente de plusieurs cycles d’imagerie pour confirmer leur croissance. Selon l’analyse, cela remet en question la surveillance avec abstention thérapeutique dans cette situation précise.
Et concrètement ? Les patients pourraient bénéficier d’une procédure moins lourde et d’une décision thérapeutique plus ciblée. L’opération au laser ne nécessite qu’une incision de quelques millimètres de large, refermée par un seul point de suture, et la durée moyenne d’hospitalisation était de 32 heures. La plupart des patients ont évité les soins intensifs et une réadmission, et la procédure a réduit le recours aux médicaments antiépileptiques par rapport à la période précédant l’intervention. Ces résultats constituent une analyse de l’évolution des patients, mais ils fournissent aux médecins deux indicateurs exploitables — l’élimination de la tumeur et le moment du traitement — pour déterminer qui pourrait en tirer le plus grand bénéfice.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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