Une thérapie de cinq semaines préserve le rectum chez 4 patients sur 5
Quatre patients sur cinq ont conservé leur rectum. C’est le principal résultat de STAR-TREC, un essai clinique international coordonné par la Cancer Research UK Clinical Trials Unit de l’Université de Birmingham, avec la participation de chercheurs de l’UCL et de l’Université de Leeds. Après 12 mois, les patients atteints d’un cancer du rectum à un stade précoce ayant reçu cinq semaines de radiochimiothérapie étaient moins susceptibles de devoir subir une chirurgie radicale que ceux ayant reçu cinq jours de radiothérapie.
L’essai a recruté plus de 500 patients au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, au Danemark, en Belgique et en Suède. Un groupe a reçu le traitement standard actuel : une intervention retirant l’intégralité du rectum. Deux autres groupes ont testé des stratégies visant à préserver l’organe, en recourant d’abord à la radiothérapie et en réservant la chirurgie lourde aux tumeurs qui n’avaient pas suffisamment régressé.
Cette approche repose sur la réponse au traitement. Lorsque de petites zones de cancer persistaient, les chirurgiens les retiraient au moyen d’une intervention locale moins lourde, qui préserve le rectum. Les chercheurs indiquent que ce traitement plus ciblé a entraîné un niveau relativement faible d’effets indésirables sévères à court terme, même si le rapport de l’essai n’établit pas que l’abandon de la chirurgie radicale soit sans danger à long terme.
Les enjeux sont très concrets. Environ 4 100 personnes sont diagnostiquées chaque année en Angleterre avec un cancer du rectum à un stade précoce, et un traitement radical peut entraîner des troubles intestinaux, des problèmes sexuels et urinaires ou le port permanent d’une poche de colostomie. Pour les patients dont les tumeurs répondent au traitement, l’essai ouvre la voie à une stratégie qui pourrait éviter ces conséquences tout en traitant le cancer.
Et concrètement ? Le protocole de cinq semaines pourrait devenir une option thérapeutique supplémentaire pour les patients éligibles si les résultats se confirment. Rien n’est encore arrêté : les chercheurs suivent les participants pendant les trois prochaines années afin de déterminer si le cancer est plus susceptible de récidiver en l’absence de chirurgie radicale et si la survie diffère. Les résultats sont publiés dans The Lancet Oncology ; les données à plus long terme détermineront jusqu’où cette approche pourra être intégrée aux soins courants.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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