La thrombectomie améliore les résultats un an après un AVC grave
Au bout d’un an, la différence n’était plus facile à ignorer : 23,6 % des patients victimes d’un AVC ischémique grave et traités par thrombectomie endovasculaire avaient retrouvé leur autonomie fonctionnelle, contre 6,8 % de ceux ayant reçu uniquement une prise en charge médicale. Publiés dans JAMA, ces résultats proviennent d’un essai multicentrique mené dans 47 centres spécialisés dans les AVC aux États-Unis.
Il ne s’agissait pas d’AVC légers. Les patients présentaient des infarctus avec une large zone centrale, ce qui signifie qu’une quantité importante de tissu cérébral avait déjà été endommagée, et ils étaient arrivés dans les 24 heures suivant l’apparition des symptômes. Leur état a été évalué à l’aide d’une tomodensitométrie sans injection, ou scanner cérébral. Comme les lésions étaient déjà très importantes, ces patients étaient historiquement considérés comme moins susceptibles de bénéficier d’une thrombectomie, une intervention qui consiste à retirer mécaniquement un caillot pour rétablir la circulation sanguine.
Le premier bilan avait été moins encourageant. À 90 jours, l’essai initial n’avait montré aucun bénéfice significatif. Au bout d’un an, cependant, les patients ayant subi une thrombectomie étaient également plus nombreux à marcher seuls : 35,4 % y parvenaient, contre 18 % dans le groupe bénéficiant d’une prise en charge médicale. Ils faisaient état d’une meilleure qualité de vie, tandis que la mortalité à un an restait similaire dans les deux groupes.
Sameer A. Ansari, professeur et chef du service de neuroradiologie interventionnelle, a déclaré que la récupération après un AVC grave pouvait se poursuivre pendant un à deux ans, ce qui fait du bilan standard à 90 jours une mesure incomplète de ce que permet le traitement. L’étude a constaté une amélioration continue dans le groupe thrombectomie entre 90 jours et un an, tandis que les résultats du groupe pris en charge médicalement sont restés stables ou se sont dégradés. Le rétablissement de la circulation sanguine pourrait également favoriser la neuroplasticité, c’est-à-dire la capacité du cerveau à se réorganiser après une lésion, même si les chercheurs indiquent que le mécanisme et les patients les plus susceptibles d’en bénéficier doivent encore être étudiés.
Et concrètement ? Pour les familles confrontées à un AVC étendu, ce résultat donne aux médecins davantage de raisons d’envisager rapidement une thrombectomie, même lorsque les lésions cérébrales initiales semblent importantes — et d’expliquer qu’une récupération significative peut apparaître au fil des mois plutôt qu’en quelques semaines. Cela ne garantit pas l’autonomie : la plupart des patients du groupe thrombectomie ne l’ont pas retrouvée, la mortalité était similaire et les résultats doivent encore préciser quels patients en bénéficient le plus. L’intervention a été évaluée dans le cadre d’un essai clinique et n’est pas présentée comme une solution universelle.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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