Des cellules cardiaques cultivées améliorent la fonction en phase 2
Les patients souffrant d’insuffisance cardiaque avancée peuvent avoir du mal à marcher même quelques pas sans être essoufflés, et certains ne peuvent pas s’allonger pour dormir. À l’hôpital de la tour du Tambour de Nanjing, l’équipe de Dongjin Wang a désormais associé un pontage coronarien à des injections de cellules musculaires cardiaques cultivées en laboratoire dans le cadre d’un essai randomisé précoce. Neuf des 10 patients traités présentaient une meilleure fonction cardiaque après 12 mois, selon les résultats de l’essai.
L’essai de phase 2 HEAL-CHF a inclus 20 patients. Tous ont subi un pontage aortocoronarien, l’intervention standard utilisée pour rétablir la circulation sanguine vers le cœur. Les chercheurs ont réparti aléatoirement 10 patients afin qu’ils reçoivent environ 100 millions de cardiomyocytes — des cellules musculaires cardiaques — directement dans le tissu endommagé, à plusieurs endroits, au cours de la même intervention ; les 10 autres ont subi le pontage seul.
Les cellules ont été produites à partir de cellules souches pluripotentes induites, c’est-à-dire des cellules adultes reprogrammées en laboratoire pour se comporter comme des cellules souches embryonnaires. Les chercheurs les ont ensuite orientées afin qu’elles deviennent des cardiomyocytes fonctionnels. L’idée, explique Wang, consiste à associer le rétablissement de la circulation sanguine obtenu grâce au pontage à la possibilité de régénérer le muscle endommagé.
La sécurité constituait l’objectif principal de l’essai. Au cours d’un an de suivi, aucune tachycardie ventriculaire persistante, un trouble dangereux du rythme cardiaque, ni croissance tumorale n’est apparue dans l’un ou l’autre groupe. Certains patients ayant reçu les cellules ont développé un rythme idioventriculaire accéléré au cours du premier mois, mais les chercheurs ont décrit cette modification comme légère, transitoire et ne constituant pas un problème de sécurité grave.
Qu’est-ce qui change dans la pratique ? Pas encore de nouveau traitement de référence : l’essai ne comptait que 20 participants et l’équipe prévoit de tester cette approche sur un groupe de patients plus vaste. Mais pour les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque sévère et ne disposant d’aucun cœur de donneur immédiatement disponible, ce résultat apporte les premières données cliniques montrant qu’une intervention déjà utilisée pour rétablir la circulation pourrait aussi être associée à une tentative de remplacement du muscle cardiaque endommagé.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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