Une unité à hydrogène recharge un navire électrique à Tilbury
Sur la Tamise, une plateforme flottante installée à côté du port de Tilbury transportait des équipements à hydrogène, cinq piles à combustible Ballard et un chargeur. GeoPura a utilisé cette installation pour fournir 300 kW à un navire électrique commercial. Le navire n’était pas propulsé à l’hydrogène : sa batterie recevait de l’électricité produite à partir d’hydrogène.
La scène illustre une contrainte réelle pour les ports. Un poste à quai peut nécessiter plusieurs centaines de kilowatts ou plusieurs mégawatts pendant une courte période, alors que le raccordement au réseau local ne peut pas fournir cette puissance instantanée. Le renforcement des réseaux de distribution prend du temps, et un navire peut demander en une heure bien plus d’électricité que le poste à quai n’en consomme le reste de la journée.
Une batterie stationnaire offre un parcours électrique plus court. Elle peut se recharger lentement via un raccordement moins puissant, puis restituer rapidement l’énergie à l’arrivée d’un navire. Lorsque les horaires le permettent, des batteries en conteneur pourraient aussi être remplacées, en dissociant le temps de recharge de la durée d’escale du navire. La solution à hydrogène de GeoPura utilise au contraire de l’électricité renouvelable pour produire de l’hydrogène, le stocke et le transporte, puis le fait passer dans une pile à combustible avant de conditionner l’électricité pour le chargeur.
Cette boucle supplémentaire entraîne une pénalité mesurable. GeoPura affirme qu’environ 3,1 MWh d’électricité injectés dans l’électrolyse produisent près de 1 MWh d’électricité utilisable après conversion par une pile à combustible. Les équipements peuvent néanmoins convenir à des chantiers temporaires, des événements, des installations isolées et d’autres lieux où l’électricité du réseau est réellement indisponible, en remplaçant les générateurs diesel par une solution silencieuse et sans émissions locales. Un poste à quai qui cherche déjà à fournir une recharge par batterie à forte puissance est confronté à un cas plus difficile.
Alors, concrètement ? La démonstration de Tilbury montre une solution possible pour recharger des navires électriques là où le réseau ne peut pas encore répondre à la demande de pointe, mais elle n’établit pas l’existence d’un système commercial déployable à grande échelle. Il faudra pour cela des clients récurrents, un taux d’utilisation élevé, des tarifs viables et des données sur le nombre de navires utilisant l’installation, le nombre de mégawattheures fournis et le coût de l’électricité livrée. La technologie en est au stade de démonstrateur ; le prochain test consistera à déterminer si un autre port en achète une après avoir vu ces chiffres.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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