BepiColombo largue son module près de Mercure
La séparation la plus spectaculaire de la sonde s’est produite loin de la Terre : à 39 millions de miles (63 millions de kilomètres) du Soleil, BepiColombo a largué le module de propulsion qui l’avait accompagnée pendant huit années de voyage interplanétaire. Quatre ressorts ont écarté les deux sections, et les premières télémesures ont montré que les panneaux solaires de l’orbiteur planétaire de Mercure produisaient de l’énergie.
Cette section larguée, le module de transfert vers Mercure, fournissait la propulsion et l’énergie pendant la croisière. Sa trajectoire a utilisé une propulsion plasma et neuf survols planétaires de la Terre, de Vénus et de Mercure pour la remodeler et atteindre la vitesse nécessaire à la capture par la gravité de la planète. La sonde a parcouru plus de 6 milliards de miles (10 milliards de kilomètres) depuis son départ de la Terre.
La mission se compose de trois éléments. L’Europe a construit l’orbiteur planétaire de Mercure, le Japon a construit l’orbiteur magnétosphérique de Mercure, surnommé Mio, et le module de transfert a assuré le soutien des deux orbiteurs pendant le voyage. Les deux orbiteurs scientifiques doivent atteindre leur orbite initiale autour de Mercure en novembre, puis se séparer en décembre.
La séparation constituait également un test à haut risque des systèmes. Près de Mercure, la sonde restante devait prendre en charge la production d’énergie, la propulsion, l’orientation et le contrôle thermique tout en affrontant un rayonnement solaire intense et des températures extrêmes. Plusieurs instruments, dont les meilleures caméras, étaient dissimulés derrière le module de propulsion et peuvent désormais commencer à observer directement Mercure. Les propulseurs ioniques de la mission ont aussi perdu une partie de leur puissance en 2024, prolongeant la croisière d’un an.
Alors, qu’est-ce qui change concrètement ? BepiColombo doit désormais manœuvrer pour se placer en orbite autour de Mercure le 21 novembre, amenant deux orbiteurs dédiés à proximité de la planète pour y mener des observations scientifiques. Les premiers signaux sont encourageants, mais l’insertion en orbite et la séparation ultérieure des orbiteurs restent à venir.
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