La Chine prépare Chang'e-7 pour l’ombre lunaire
Au fond de certains cratères proches du pôle Sud de la Lune, la lumière du Soleil n’a pas atteint le sol depuis des milliards d’années. Les températures restent sous les moins 200 °C, et la Chine prépare Chang’e-7 à pénétrer dans cette obscurité à la recherche de glace d’eau qui pourrait un jour être utile.
La mission emporte quatre engins : un orbiteur, un atterrisseur, un rover et un module sauteur. Ce dernier est conçu pour franchir d’un bond les parois abruptes des cratères et les terrains accidentés, puis descendre dans des endroits qu’un véhicule conventionnel à roues pourrait ne pas atteindre. Le satellite relais chinois Queqiao-2, lancé en mars 2024, est déjà en position pour soutenir la mission.
La question scientifique a changé. Les scientifiques chinois ne cherchent pas à établir si de l’eau existe sur la Lune ; les preuves de la présence d’eau aux pôles sont déjà considérées comme convaincantes. Chang’e-7 examinera plutôt où se trouve cette ressource, à quelle profondeur elle est enfouie, sous quelle forme et à quelle concentration, ainsi que la faisabilité d’un accès. Le site d’atterrissage reste indéterminé, même si une crête située sur ou près du cratère Shackleton, dans la région d’Aitken, est la principale candidate.
La conséquence concrète est une réponse plus précise à la question de savoir si la glace lunaire est simplement présente ou si elle pourrait soutenir de futures activités. Chang’e-7 reste une mission sans équipage prévue, et non un système d’extraction opérationnel ; sa date de lancement est devenue incertaine après l’échec d’une autre fusée chinoise. Un éventuel lancement de Chang’e-8 en 2028 franchirait l’étape suivante en démontrant comment ces ressources pourraient être utilisées.
Les États-Unis poursuivent le même objectif à long terme avec le programme Commercial Lunar Payload Services de la NASA, qui achète à des entreprises privées des services d’acheminement et de mobilité. La NASA compte actuellement 17 livraisons sous contrat transportant plus de 60 instruments. La mission IM-2 d’Intuitive Machines, baptisée Athena, a tenté une expérience similaire avec une foreuse, un spectromètre de masse et un petit module sauteur, mais son atterrisseur s’est renversé et a été mis hors tension un jour après son arrivée. Le pôle Sud impose aux deux programmes nationaux les mêmes difficultés liées à l’obscurité, au froid et aux communications.
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