Ménopause : l’œstriol associé à moins de brouillard cérébral
Le nombre est faible, mais facile à retenir : 20 femmes ménopausées ont participé à une série de cas observationnelle menée par UCLA Health. Après une évaluation initiale, elles ont reçu une association personnalisée d’œstriol et de progestérone pendant 12 mois. À la fin de cette période, les participantes ont fait état de moins de brouillard cérébral et de moins de problèmes de concentration, de mémoire de travail, de vitesse de traitement, de mémoire verbale et de résolution de problèmes.
Les chercheurs ne présentent pas l’œstriol comme un traitement cognitif éprouvé. L’étude ne comportait ni groupe placebo ni randomisation ; les changements pourraient donc s’expliquer par d’autres facteurs que le traitement hormonal et ne pas s’appliquer à une population plus large. Les améliorations rapportées constituent des signaux qui doivent être évalués dans des essais cliniques plus vastes, contrôlés par placebo, avec imagerie cérébrale et évaluations cognitives standardisées.
L’œstriol est une forme naturelle d’œstrogène associée à la grossesse. Il se distingue de l’œstradiol, l’œstrogène le plus couramment utilisé dans les traitements hormonaux aux États-Unis, en se liant principalement à un récepteur des œstrogènes différent dans le cerveau. Des travaux antérieurs cités par l’équipe suggèrent que l’œstriol pourrait contribuer à protéger les cellules cérébrales et à réduire l’atrophie de l’hippocampe, la région impliquée dans l’apprentissage et la mémoire. Dans des expériences complémentaires, des souris femelles d’âge mûr ayant reçu de l’œstriol présentaient moins de marqueurs de pathologie de l’hippocampe ainsi qu’une meilleure mémoire de travail et mémoire spatiale.
Le traitement entretient également un lien commercial direct avec la recherche. La Dre Rhonda Voskuhl, principale autrice de l’étude et neurologue à UCLA, a inventé le traitement. UCLA détient le brevet et en a concédé la licence à CleopatraRX, qui le commercialise sous le nom de PearlPAK ; Voskuhl est conseillère médicale de l’entreprise. Cette relation rend particulièrement importante la reproduction indépendante des résultats.
Qu’est-ce qui change dans la pratique ? Pour les femmes dont les symptômes cognitifs liés à la ménopause sont écartés comme s’il fallait simplement les supporter, l’étude propose une hypothèse thérapeutique vérifiable plutôt qu’une option établie. L’œstriol est utilisé en Europe et en Asie contre les bouffées de chaleur et les symptômes génito-urinaires, mais cette étude n’établit pas de dose et ne prouve pas son efficacité contre le brouillard cérébral. La prochaine étape consiste à mener des essais cliniques capables de déterminer si les bénéfices rapportés se confirment au-delà de ce petit groupe.
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