Des nanoparticules améliorent la mémoire de souris atteintes d’Alzheimer
En quelques semaines après avoir reçu un traitement nanoparticulaire, des animaux présentant une neurodégénérescence similaire à celle d’Alzheimer ont amélioré leurs scores de construction de nids et obtenu de meilleurs résultats aux tests de labyrinthe. L’équipe de l’Université de Caroline du Sud à l’origine de ces travaux affirme qu’une seule injection a suffi à produire une différence comportementale par rapport aux souris non traitées ; après deux injections, les animaux traités ont montré des améliorations de leur mémoire et de leur apprentissage spatial.
Le traitement s’appelle Nano-ERASER. Il combine un système d’administration à base de nanogel avec un mécanisme ciblé de dégradation des protéines conçu pour supprimer PTBP1, une protéine qui empêche les astrocytes d’adopter les caractéristiques des cellules nerveuses. Les astrocytes sont des cellules de soutien en forme d’étoile qui fournissent normalement de l’énergie aux neurones et contribuent à réguler leur environnement chimique. Les chercheurs voulaient transformer une partie de ces tissus de soutien en nouveaux neurones, plutôt que de simplement ralentir la perte des neurones existants.
L’administration constitue le principal problème d’ingénierie. Nano-ERASER a fait franchir à des anticorps spécifiques de PTBP1 la barrière hémato-encéphalique, cette frontière protectrice qui limite ce qui peut pénétrer dans le cerveau. Chez des souris adultes, avec ou sans modèle de maladie d’Alzheimer, l’équipe a indiqué que le traitement supprimait sans danger l’activité de PTBP1. Les chercheurs ont également constaté une densité de neurones beaucoup plus élevée dans les cerveaux des animaux traités et rapporté que les nouveaux neurones pouvaient mûrir et survivre.
Et concrètement ? Un traitement fondé sur la régénération pourrait à terme avoir de l’importance pour les personnes atteintes de démence avancée, chez qui la mémoire, les capacités cognitives et les aptitudes de base ont déjà été altérées par la perte continue de neurones. Il ne s’agit pas d’un traitement disponible aujourd’hui pour les patients : ces résultats proviennent de souris, et les chercheurs affirment que l’application à l’humain reste encore lointaine. Aucun résultat sur l’innocuité, le dosage ou l’efficacité chez l’humain n’est fourni.
Cette limite est importante, car le résultat actuel répond à une question étroite mais utile : supprimer PTBP1 peut-il favoriser la régénération neuronale dans un modèle vivant de la maladie d’Alzheimer ? Il offre aux chercheurs une nouvelle cible à tester dans leur quête de moyens non seulement de ralentir la neurodégénérescence, mais aussi d’aider le cerveau à s’en remettre.
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