Chez des souris SLA, la microglie dévore des neurones moteurs vivants
Dans la moelle épinière de souris atteintes de SLA, la microglie ne se contentait pas de nettoyer les tissus morts. L'équipe de l'Institut Salk a découvert que ces cellules immunitaires résidentes engloutissaient des neurones moteurs vivants, les cellules qui transmettent les signaux de mouvement du cerveau aux muscles. Publiée dans Nature Communications le 15 août 2026, l'étude identifie une voie inattendue par laquelle l'inflammation pourrait aggraver la maladie.
Cette voie passe par les récepteurs TAM, des protéines qui aident normalement le système immunitaire à éliminer les cellules mourantes. Greg Lemke, le scientifique de l'Institut Salk qui a découvert la famille TAM, décrit les cellules mourantes comme présentant un signal « mange-moi ». Dans le modèle murin SOD1 — le modèle de souris le plus utilisé pour étudier la SLA — ce signal apparaissait sur des neurones moteurs encore vivants. La microglie réagissait et ses niveaux de protéines TAM Axl et Mer augmentaient.
Les chercheurs ont ensuite supprimé Axl et Mer chez les souris. La microglie n'accumulait plus autant de neurones moteurs ingérés et les animaux conservaient un meilleur contrôle musculaire. Le résultat comportait toutefois une complication : les souris sont tombées malades plus rapidement, mais ont vécu plus longtemps. Cette issue contrastée explique notamment pourquoi les chercheurs déconseillent de simplement éliminer le système TAM, qui fonctionne également ailleurs dans l'organisme.
Alors, qu'est-ce que cela change concrètement ? Ces travaux fournissent aux chercheurs spécialisés dans la SLA un mécanisme cellulaire précis à tester, plutôt que de considérer l'activation de la microglie comme un signal unique et inexpliqué. Ils pourraient contribuer à orienter des traitements ciblant à la fois l'activité des protéines TAM et les mécanismes sous-jacents de la SLA, mais les données se limitent aux souris ; elles n'établissent pas un traitement pour les environ 35 000 Américains actuellement touchés par la maladie.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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