Démence frontotemporale : deux voies révélées par des microglies
Dans un laboratoire de l’Université de Finlande orientale, des chercheurs ont transformé des cellules souches de patients atteints d’une démence frontotemporale en microglies — les cellules cérébrales qui contribuent à réguler les réponses inflammatoires — avant de les comparer à des cellules de témoins sains. Résultat : les formes génétiques et sporadiques de la maladie produisent des profils microgliaux distincts.
Un élément était commun. Les microglies dérivées de tous les patients atteints d’une démence frontotemporale contenaient moins de vésicules lysosomales intracellulaires que celles des témoins sains. Les lysosomes sont des compartiments cellulaires qui participent notamment au métabolisme des protéines, ce qui fait de leur altération un possible point commun entre des patients ayant des profils génétiques différents.
Les cellules C9-HRE — celles qui portent une expansion de répétitions hexanucléotidiques de C9orf72 — étaient plus actives dans deux processus liés à la fonction lysosomale : l’autophagie et la phagocytose. La professeure Annakaisa Haapasalo estime qu’une phagocytose accrue pourrait entraîner une perte plus importante de synapses, ce qui pourrait perturber la communication entre les neurones. Son équipe étudie encore cette relation.
Les cellules issues de patients atteints d’une forme sporadique présentaient un profil différent. Leur expression génique différait nettement de celle des microglies C9-HRE et des témoins sains, avec une activité réduite dans les voies liées au métabolisme de l’ARN, des protéines et de l’énergie. Les gènes impliqués dans la régulation de la réponse inflammatoire aiguë étaient modifiés dans les microglies dérivées de tous les patients atteints d’une démence frontotemporale, tandis que les changements d’expression génique des cellules C9-HRE étaient relativement modestes.
Et concrètement ? Ces résultats suggèrent que la fonction des microglies pourrait évoluer différemment selon les patients. De nouvelles études devront peut-être distinguer les formes génétiques et sporadiques de la maladie lorsqu’elles examineront le rôle des microglies. Pour l’heure, les données proviennent de cellules dérivées de cellules souches en laboratoire, et le lien entre l’altération de la phagocytose et la perte de synapses reste à l’étude.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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