Tokyo et Niigata : -46 % de tau chez la souris
Après 3 mois d’administration d’un médicament dans le cerveau de souris, la protéine tau anormale accumulée dans l’hippocampe a diminué d’environ 46 %. C’est ce qu’a constaté une équipe de recherche de l’Université de Tokyo, de l’Université de Niigata et d’autres institutions chez des souris modifiées pour accumuler de la tau anormale. La tau présente dans le liquide céphalorachidien a plus que doublé, ce qui suggère que les protéines présentes dans le cerveau ont pu être évacuées vers l’extérieur en suivant le flux du liquide.
Les chercheurs ont ciblé le « système glymphatique », qui évacue les déchets grâce à la circulation du liquide céphalorachidien. Les astrocytes, des cellules disposées autour des vaisseaux sanguins, contiennent l’aquaporine 4 (AQP4), qui forme des canaux laissant passer l’eau. L’équipe a utilisé le médicament TGN-073 pour activer AQP4 et favoriser l’entrée du liquide céphalorachidien ainsi que l’évacuation des protéines anormales. Les examens par IRM ont également montré une hausse de l’afflux de liquide céphalorachidien, principalement dans le cortex, par rapport au groupe témoin.
Les effets ne se limitaient pas à la quantité de tau. La tau anormale dans le cortex entorhinal et le cortex piriforme a diminué d’environ 37 %, tandis que la mort des neurones et l’inflammation cérébrale ont été réduites. Le volume de l’hippocampe a été préservé à un niveau environ 24 % supérieur à celui du groupe témoin. En revanche, aucun effet bénéfique n’a été observé chez les souris dépourvues d’AQP4, ce qui montre également que l’action du médicament dépend de ce canal laissant passer l’eau.
Une importante réserve s’impose toutefois. Même après le traitement, aucune amélioration de la mémoire ou du comportement n’a été observée. Ces résultats proviennent d’une expérimentation chez la souris et ne démontrent pas qu’il est possible de traiter la maladie d’Alzheimer chez l’être humain. L’étude a été publiée dans la revue scientifique internationale « Molecular Neurodegeneration ».
La question de savoir si la même accélération de l’évacuation se produira chez l’être humain et si elle entraînera des changements de mémoire ou de comportement devra encore être étudiée.
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