La MRE détecte des changements cérébraux liés aux œstrogènes chez des rats
Une technique spécialisée d’imagerie cérébrale a détecté une réaction physique à l’évolution des taux hormonaux. À l’Université du Delaware, des chercheurs ont utilisé l’élastographie par résonance magnétique (MRE) — une technique d’imagerie qui mesure les propriétés mécaniques des tissus — pour détecter des changements dépendant des œstrogènes dans l’hippocampe de rats au cours de leur cycle reproductif. L’hippocampe est une région du cerveau impliquée dans la mémoire et l’apprentissage.
Publiée dans Brain Communications, l’étude ajoute une dimension mécanique aux recherches sur les changements hormonaux. L’équipe a établi un lien entre les fluctuations des œstrogènes et des changements dans l’hippocampe, où l’évolution des taux hormonaux contribue à remodeler les connexions entre les neurones. Katrina Milbocker, chercheuse postdoctorale dans le laboratoire de Curtis Johnson, a dirigé ces travaux.
Les limites sont claires. L’étude montre que la mécanique de l’hippocampe évolue avec les œstrogènes, mais pas si ces changements influencent la mémoire ou l’apprentissage. C’est la prochaine question à laquelle l’équipe veut répondre. Les chercheurs de Johnson testent également des modèles de ménopause chez le rat, période durant laquelle l’organisme produit des quantités bien plus faibles d’œstrogènes, afin d’examiner leur hypothèse selon laquelle le cerveau pourrait entrer dans un « état bloqué » mécanique associé à des perturbations cognitives comme le brouillard cérébral.
Concrètement, qu’est-ce que cela change ? Pas encore la prise en charge des patients. Cette méthode offre aux chercheurs un moyen de suivre la mécanique cérébrale liée aux hormones et pourrait les aider à étudier des transitions plus longues, comme la ménopause, plutôt que de considérer l’imagerie cérébrale uniquement comme un outil de recherche de maladies. L’équipe de l’Université du Delaware mène en parallèle des études sur des rongeurs et chez l’être humain, avec pour objectif à long terme d’ajouter la MRE aux examens IRM de routine en moins d’une minute.
Cette transposition reste à venir. Le résultat actuel provient de rats, et sa pertinence pour l’être humain doit encore être évaluée parallèlement à des mesures cognitives. Mais ces travaux ouvrent la voie à une méthode plus rapide pour observer la manière dont le cerveau s’adapte au cours des transitions liées à la reproduction et au vieillissement.
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