L’urolithine A renforce la ciclosporine contre le lupus chez le rongeur
Au Drug Research and Engineering for Advanced Medicine Laboratory de l’université de l’Alabama, l’équipe du Dr Ravi Kumar a testé un médicament existant contre le lupus avec un composé associé à l’alimentation. Dans un modèle de néphrite lupique chez des rongeurs femelles, la ciclosporine associée à l’urolithine A de synthèse s’est révélée nettement plus efficace que chacun des deux traitements seuls.
Le lien avec l’alimentation est réel, mais plus complexe qu’une simple cuillerée de grenade. Les bactéries intestinales peuvent transformer des composés issus des grenades, des baies et des fruits à coque en urolithine A, mais seulement 30 à 40 % des personnes possèdent naturellement le microbiote spécifique nécessaire à cette production. Les chercheurs ont donc administré une version de synthèse, afin d’obtenir une dose constante dans l’expérience.
La ciclosporine seule a montré un certain bénéfice, conforme à son utilisation actuelle dans le traitement du lupus. L’urolithine A seule n’a eu qu’un effet limité sur la progression de la maladie. L’approche n’a été testée que dans un modèle préclinique chez le rongeur, avec des femelles choisies pour refléter la prévalence plus élevée du lupus chez les femmes que chez les hommes.
Qu’est-ce qui change concrètement ? Le résultat suggère qu’il serait possible de renforcer un immunosuppresseur établi avec un composé déjà disponible dans des compléments alimentaires, plutôt que de considérer le complément comme un traitement autonome du lupus. Pour les patients, toutefois, rien ne change encore en pratique clinique : il ne faut pas remplacer un médicament prescrit, et l’ajout d’un complément nécessite un avis médical.
L’urolithine A bénéficie d’une désignation de la FDA la classant comme « généralement reconnue comme sûre » pour son utilisation dans des compléments alimentaires et des aliments fonctionnels, mais cela ne constitue pas une preuve de bénéfice clinique contre le lupus. L’objectif affiché de Kumar est de remplacer les affirmations anecdotiques sur les compléments par des évaluations systématiques. L’association constitue désormais une piste concrète pour de nouveaux travaux translationnels, mais des études chez l’humain et des données cliniques restent nécessaires.
Sources — lire les originaux(heure de Paris)
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