HER3-DXd et olaparib ralentissent les tumeurs pulmonaires
Un cancer sur puce fabriqué à partir des propres cellules de cancer du poumon d’un patient a reproduit une tumeur et ses vaisseaux sanguins, permettant aux chercheurs de tester le traitement. Dans ce modèle et chez des animaux de laboratoire, des équipes de l’Université de Tampere, de l’Université d’Helsinki, de l’Université Harvard et de l’Institut du cancer Dana-Farber ont constaté que HER3-DXd associé à l’olaparib était plus efficace que chacun des deux médicaments utilisé seul.
L’étude s’est intéressée au cancer du poumon non à petites cellules, la forme la plus courante de cancer du poumon, notamment aux tumeurs présentant des mutations d’EGFR ou de KRAS. Les thérapies ciblées ont amélioré la prise en charge, mais les tumeurs deviennent souvent résistantes. L’association testée ici a provoqué des dommages à l’ADN dépassant la capacité de réparation des cellules cancéreuses, les conduisant à l’apoptose — la mort cellulaire programmée.
L’attaque ne s’est pas limitée à la cellule tumorale elle-même. Les médicaments ont activé la voie cGAS-STING, qui contribue à déclencher la réponse immunitaire innée, et renforcé la capacité des cellules tueuses naturelles à détruire les cellules cancéreuses. Dans les modèles de cancer du poumon, le traitement a ralenti la croissance tumorale et prolongé la durée de vie des animaux de laboratoire.
Qu’est-ce que cela change concrètement ? Si le résultat se confirme dans des essais chez l’humain, l’association pourrait offrir une stratégie supplémentaire aux patients dont les tumeurs répondent mal aux thérapies ciblées existantes ou sont devenues résistantes. Son activité apparente dans des modèles présentant différentes mutations laisse également penser que la protéine HER3 pourrait à terme servir de biomarqueur — un signe biologique utilisé pour identifier les patients susceptibles de bénéficier du traitement.
La limite est claire : il s’agit de résultats précliniques obtenus sur des modèles de laboratoire et des animaux, et non d’un traitement dont l’efficacité aurait été démontrée chez l’être humain. Les chercheurs estiment que ces résultats justifient le lancement d’essais cliniques. Comme HER3 est également souvent présente dans de nombreuses autres tumeurs solides, la même approche pourrait être étudiée au-delà du cancer du poumon, mais cette utilisation plus large reste une possibilité et non un résultat établi.
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