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Déchets plastiques en éponges captant l'eau de l'air, testées en labo

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Photo d’illustration : Zapfendorf Plastic Recycling-20180621-RM-114359
Photo d’illustration : Reinhold Möller Ermell · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

De vieilles briques LEGO, une pile de CD, un bac à couverts en polystyrène : à l'université de Vienne, le plastique du quotidien qui finit à la poubelle est devenu la matière première d'un matériau qui extrait l'eau de l'air. Les chimistes des matériaux Anastasiia Naryshkina, Paul Schweng et Robert Woodward ont transformé plusieurs types de déchets plastiques en réseaux polymères attirant l'eau. Leur étude, publiée en 2026 dans Chem Circularity, ouvre une voie pour donner une seconde vie aux déchets plastiques, en en faisant un adsorbant pour la récupération atmosphérique de l'eau.

Les déchets plastiques et la pénurie d'eau sont deux grands défis environnementaux. La récupération atmosphérique de l'eau consiste à capter directement la vapeur d'eau présente dans l'air, puis à la libérer par un chauffage déclenché afin de la collecter. Elle est prometteuse comme source d'eau d'appoint décentralisée ou hors réseau. Un matériau adapté à cette tâche doit attirer l'humidité, en retenir une grande quantité et supporter de nombreux cycles de captage et de libération. L'équipe s'est demandé si des plastiques usagés pouvaient servir de point de départ à ces éponges moléculaires.

La chimie se déroule en deux étapes. Certains plastiques sont des polymères aromatiques, dont les molécules contiennent des cycles de six atomes de carbone. Ces cycles servent de points d'ancrage qui relient les chaînes de polymères en un réseau poreux, doté de minuscules espaces internes. Un traitement ultérieur à l'acide sulfurique ajoute des groupes acide sulfonique, des sites chimiques qui attirent l'eau, y compris depuis un air relativement sec.

Les chercheurs ont fabriqué ces éponges à partir d'emballages en polystyrène, de CD en polycarbonate, de briques LEGO en ABS et d'un mélange sélectionné de plastiques usagés. L'éponge en polystyrène, matériau utilisé pour les couverts jetables et les boîtiers de CD, a absorbé près de 60 % de son propre poids en eau à partir d'air humide, et 20 % dans des conditions sèches, de type désertique. La majeure partie de la capture et de la libération s'est produite en moins d'une heure, la libération étant assurée par une chaleur douce, comme celle du soleil. Les éponges supportent bien les cycles répétés, de sorte que le même matériau peut produire de l'eau encore et encore. Les travaux en sont encore au stade du laboratoire. L'étude ne dit rien des performances à long terme des éponges ni des ressources globales nécessaires à leur fabrication, et les chercheurs ne donnent aucun calendrier pour un produit.

Pour l'heure, le gain réside dans la preuve que ce flux de déchets peut être transformé en matériau fonctionnel, y compris à partir de plastiques mélangés. Pour les communautés privées d'un réseau d'eau fiable, ou pour les sites éloignés du réseau, une éponge de ce type pourrait un jour compléter un approvisionnement qui dépend de l'air et du soleil. Cela dépendra des tests de longue durée actuellement en cours, et aucune date n'a été fixée.

près de 60 %de son propre poids en eau absorbée à partir d'air humide par l'éponge à base de polystyrène

Sources — lire les originaux(heure de Paris)

Phys.org — ChimieEN
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