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En laboratoire, CD46 garde en vie les lymphocytes T, piste sur le VIH

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Photo d’illustration : Photo Credit: C. Goldsmith Content Providers: CDC/ C. Goldsmith, P. Feorino, E. L. Palmer, W. R. McManus · Public domain · Wikimedia Commons

Une équipe de l'université Purdue et de l'Institut national du cœur, des poumons et du sang (NHLBI) a étudié une protéine présente sur la plupart des cellules humaines. Cette protéine, CD46, fait partie du système du complément, la plus ancienne et la plus rapide des défenses immunitaires de l'organisme. Leurs résultats paraissent dans Science Immunology, avec Majid Kazemian, de Purdue, et Claudia Kemper, du NHLBI, comme codirecteurs.

CD46 est connue depuis longtemps comme une porte d'entrée. Plusieurs bactéries et virus, dont ceux responsables de maladies respiratoires et le VIH, s'en servent pour se fixer sur les cellules hôtes ou y pénétrer. La nouvelle étude examine ce que fait CD46 une fois à l'intérieur du réseau de signalisation des lymphocytes T, les cellules immunitaires qui coordonnent la réponse de l'organisme. Les chercheurs ont constaté que les signaux émis par CD46 activent ou désactivent des gènes dans ces cellules, et contrôlent ainsi leur fonctionnement. Selon Kemper, l'équipe savait déjà que CD46 aide les lymphocytes T activés à obtenir les nutriments dont ils ont besoin. Ce qui les a surpris, c'est que CD46 agit aussi comme un interrupteur de sécurité : sans elle, les lymphocytes T naïfs, qui n'ont pas encore rencontré d'agent pathogène, meurent par le processus normal de mort cellulaire programmée, et ne peuvent donc pas mettre en place une réponse adaptée à une infection.

Le lien avec le VIH découle de la biologie elle-même. Kazemian explique que l'équipe n'étudiait pas le VIH au départ, mais que le rôle inattendu de CD46 y a conduit, car le VIH utilise une partie de la même machinerie cellulaire que CD46 contrôle. Dans les lymphocytes T humains infectés, les chercheurs ont constaté que l'activité génétique ressemble à celle observée chez des personnes qui maintiennent des niveaux faibles de VIH malgré un traitement antirétroviral. Les auteurs suggèrent que CD46 pourrait influencer la manière dont les lymphocytes T conservent un virus potentiellement actif, susceptible de provoquer une nouvelle infection. Kazemian qualifie cela d'« hypothèse intrigante qui doit être testée dans d'autres études ».

L'étude fournit aussi une explication moléculaire à des effets observés dans des travaux antérieurs. Kazemian et ses collègues des Instituts nationaux de la santé étudient ensemble la biologie du complément depuis une dizaine d'années, notamment son rôle dans les maladies auto-immunes, les infections et la réponse au virus responsable de la COVID-19. Le nouvel article montre comment CD46 communique directement avec la machinerie qui contrôle la production d'ARN et de protéines, par l'intermédiaire d'un facteur appelé Sp1. Les chercheurs ont combiné plusieurs technologies complémentaires, un choix qui, selon Kazemian, leur donne « une bien plus grande confiance dans le mécanisme que nous avons identifié ».

Pour l'instant, les premiers bénéficiaires sont les chercheurs. Les auteurs estiment qu'une meilleure compréhension de la voie CD46 pourrait aider à mettre au point de nouvelles thérapies contre les déficits immunitaires, les maladies infectieuses et les troubles inflammatoires, autant d'affections liées à un dysfonctionnement des lymphocytes T. Savoir si cela débouchera sur des traitements contre le VIH n'est pas établi : il s'agit d'un travail en laboratoire, et les auteurs ne donnent ni calendrier pour les étapes suivantes ni échéance pour un usage clinique.

500 millions d'annéesÂge du système du complément, selon Claudia Kemper, chercheuse au NHLBI

Sources — lire les originaux(heure de Paris)

Medical XpressEN
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