Les anticoagulants réduisent les événements en cas de FA à risque intermédiaire
Dans 18 centres en Corée du Sud, des chercheurs ont mis à l’épreuve une question pratique : certaines personnes atteintes de fibrillation atriale devraient-elles recevoir un anticoagulant oral même lorsque leur risque d’AVC n’est pas encore classé comme élevé ? L’essai SINGLE-AF, mené en ouvert, a randomisé 1 803 patients présentant un risque intermédiaire entre un anticoagulant oral direct — appelé DOAC — et l’absence d’anticoagulation.
Le groupe traité par DOAC a reçu soit de l’apixaban, 5 mg deux fois par jour, soit du rivaroxaban, 20 mg une fois par jour. Après 24 mois, un AVC, une embolie systémique, un saignement majeur ou un décès cardiovasculaire est survenu chez 0,5 % des patients prenant un DOAC, contre 1,5 % de ceux ne recevant pas d’anticoagulation. Le rapport de l’essai décrit cette différence comme une réduction de 69 % du critère principal.
L’écart le plus net concernait les AVC ischémiques, provoqués par un caillot bloquant la circulation sanguine. Leur incidence était de 0,1 % avec le traitement par DOAC et de 1,1 % sans celui-ci. Les saignements majeurs, principal problème de sécurité associé aux anticoagulants, concernaient 0,3 % des patients du groupe DOAC et 0,5 % de ceux du groupe sans anticoagulation, sans différence rapportée.
Qu’est-ce que cela change en pratique ? Les médecins disposent désormais de données issues d’un essai randomisé à prendre en compte lorsqu’ils discutent d’une anticoagulation avec des patients dont le score de risque d’AVC lié à la fibrillation atriale est intermédiaire, au lieu de s’appuyer uniquement sur des données observationnelles contradictoires. Ces résultats pourraient également contribuer à de futures recommandations et politiques de remboursement, mais ils ne remplacent pas une décision thérapeutique individuelle.
Les limites sont claires. SINGLE-AF était en ouvert, a duré 24 mois et a été mené dans des centres de Corée du Sud. Ses résultats ont été présentés au Congrès de l’ESC 2026 et publiés dans le New England Journal of Medicine.
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