Shingrix lié à moins d’accidents cardiaques que Zostavax
Le changement de vaccin contre le zona aux États-Unis a offert aux chercheurs une rare expérience de santé publique. Après le passage du vaccin vivant atténué Zostavax au vaccin recombinant Shingrix en octobre 2017, les adultes de 60 ans et plus ayant reçu Shingrix ont présenté moins d’événements cardiovasculaires au cours des sept années suivantes que les personnes ayant reçu Zostavax et présentant par ailleurs un profil similaire.
Des chercheurs de l’université d’Oxford et de NIHR BRC: Oxford Health ont utilisé le réseau américain de dossiers médicaux électroniques TriNetX, en appariant plus de 36 000 personnes dans chaque groupe. Ce protocole évite un problème majeur des études précédentes : comparer des personnes vaccinées à des personnes non vaccinées, qui peuvent différer par leur état de santé et leur comportement avant la vaccination.
Le groupe Shingrix présentait une charge globale de maladies cardiovasculaires inférieure de 9 % à celle du groupe Zostavax. Cette association comprenait une réduction de 10 % des cardiopathies ischémiques, de 12 % de l’insuffisance cardiaque et de 7 % de la fibrillation auriculaire, un rythme cardiaque irrégulier. Chez les hommes, le risque d’AVC était inférieur de 12 %. L’association apparaissait chez les deux sexes et était la plus forte au cours des années suivant immédiatement la vaccination.
Pour les personnes âgées, le changement pratique immédiat reste limité mais concret : Shingrix est déjà le vaccin actuel contre le zona aux États-Unis et est proposé par le NHS aux personnes âgées ainsi qu’à certains autres groupes au Royaume-Uni. Ces résultats ajoutent un possible bénéfice cardiaque à son objectif établi de prévention du zona, mais ils ne justifient pas encore de se faire vacciner spécifiquement pour prévenir les maladies cardiovasculaires.
L’incertitude porte à la fois sur la causalité et sur le mécanisme. Les chercheurs indiquent que des essais cliniques randomisés sont encore nécessaires pour établir que Shingrix protège lui-même le cœur. Une possibilité est que la prévention de l’infection par le zona réduise le risque cardiovasculaire ; une autre est que des substances chimiques présentes dans le vaccin aient des effets distincts. Le résultat actuel montre une association, et non la preuve de l’une ou l’autre explication.
Commentaires
Chargement du fil…
Connectez-vous pour écrire un commentaire. Se connecter