Des signaux ADN distincts dans l’hyperphagie et l’anorexie
Une équipe londonienne a comparé dans une même étude génétique près de 40 000 personnes présentant des comportements d’hyperphagie et plus de 1,2 million de personnes sans trouble alimentaire. Dirigés par l’Institut de psychiatrie, de psychologie et de neurosciences de King’s College London, les chercheurs ont identifié six régions de l’ADN associées à l’hyperphagie et huit associées à l’anorexie mentale.
Publiée dans Nature Mental Health, l’étude incluait également environ 25 000 personnes souffrant d’anorexie mentale. Six des régions liées à l’anorexie avaient déjà été impliquées dans une étude génétique menée en 2019, tandis que deux ont été identifiées pour la première fois dans le cadre de ces travaux. La recherche a étudié l’hyperphagie en tant que symptôme, plutôt que de se concentrer uniquement sur un diagnostic précis comme l’hyperphagie boulimique.
Le principal résultat est une distinction que l’indice de masse corporelle ne permet pas à lui seul d’établir. Bien que le poids corporel soit pertinent pour les deux troubles, les associations génétiques liées à l’hyperphagie et à l’anorexie mentale n’étaient pas les mêmes que celles associées à l’IMC. Certaines régions liées à l’hyperphagie avaient déjà été associées à des caractéristiques de la corpulence, notamment une région proche de FTO, ce qui laisse penser que l’hyperphagie pourrait expliquer une partie du lien entre FTO et un IMC plus élevé.
Le changement concret concerne l’orientation de la recherche, et non l’apparition immédiate d’un test clinique : les études génétiques peuvent désormais aller au-delà du poids pour analyser les mécanismes biologiques communs ou distincts des symptômes des troubles alimentaires. Le Dr Jonathan Coleman, de l’IoPPN de King’s College London, a déclaré que ces travaux dépassaient le cadre de l’anorexie mentale pour mieux comprendre l’hyperphagie, les chercheurs espérant que de futures études amélioreront la vie des personnes souffrant de tous les troubles alimentaires.
Les limites sont visibles dans la conception de l’étude. L’analyse a mis en évidence des associations, et non une explication autonome des raisons pour lesquelles une personne développe un trouble alimentaire, et les locus signalés ont été identifiés chez des personnes d’ascendance européenne. Les prochains travaux de l’équipe porteront notamment sur d’autres troubles, comme les présentations atypiques et le trouble de l’alimentation avec évitement ou restriction, ainsi que sur des analyses couvrant des ascendances mondiales.
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